Le plan est long qui aboutira à l’alternance, estime Ika Rosira qui en engrène ci-après ce qu’on pourrait qualifier de conditionnalités. Un message de patience, d’appel à la méticulosité, d’appel à l’organisation, adressé à la «nouvelle génération de panthères» à qui il est rappelé que le «roi, ce n’est ni Ping, ni Ali. Il n’a qu’un seul nom et son nom, c’est le Peuple».

Une «nouvelle génération de panthères», sous les projecteurs depuis la dernière présidentielle. © D.R.

 

D’abord, il faut faire un plan avec mille et une étapes. Un truc de dingue, un millier de paliers à franchir, des obstacles (à pas la peine) à déjouer, et un max de volonté et de détermination ; c’est ce qui attend la Résistance. C’est ce dans quoi les résistants croquent chaque matin dès qu’ils ouvrent les yeux, chaque soir en s’endormant, et même là-bas, dans l’inconscient collectif, les idées ultra patriotiques à saveurs socio-économiques et spirituelles se bousculent.

Quelque chose s’est mis en place, comme une machine à broyer du méchant. On veut faire les choses différemment. On sent que les mentalités ont évolué, chacun veut faire sa part, chacun veut dire: «j’ai été là, mais je ne me suis pas contenté de regarder faire, j’ai posé ma natte, j’ai posé ma brique, j’ai écrit ma page d’histoire, j’ai contribué. J’ai participé d’une manière ou d’une autre à la Révolution gabonaise, équatoriale, africaine, humaine, planétaire, terrienne…» Chacun nourrit ses propres espoirs (ou y renonce) en oubliant qu’il faut faire un plan pour toute chose, éviter l’improvisation.

Un millier de paliers à franchir

La révolution, le changement, l’alternance politique, le développement du pays passe par beaucoup d’étapes connexes, même si au final, ça frôle l’utopie et relève du Big Dream. Ça passe par la multiplication, la création et la gestion des médias traditionnels et des médias sociaux. Ça passe par des visuels, des présentations, des informations, par le professionnalisme, par l’exercice même de l’excellence. Ça passe par le verbe, l’imagination, le créatif, du fictif au réaliste. Ça passe par la matérialisation de la pensée progressiste mise au service de la communauté, des entreprises et des individus. Ça passe par l’obtention de l’attention de tous les citoyens, par la diffusion de l’information, de la bonne, de la vraie info, de l’essentiel. Ça passe par la force des réseaux sociaux, du téléphone arabe et du bouche-à-oreille pour la création de mini, moyennes, grandes et mégas cellules d’informations et de concertation. Ça passe par la création d’un fonds de soutien, aux petites, aux moyennes et aux grandes entreprises. Ça passe par l’action, la mise en place, le développement, la pérennisation de projets individuels et collectifs. Ça passe par le passage de la pensée locale vers la pensée globale, du cogito individuel vers la conscience collective.

Ça passe et repasse par l’obtention de tous les sièges du Parlement, du Sénat, des municipalités, par la monopolisation de l’attention sur des gens qui ont de la force dans le caractère, de la dignité, des idées novatrices et qui ont réellement compris le sens de La Concorde, surtout ses vers qui suggèrent de chasser les sorciers, ces perfides trompeurs. Qui sèment le poison et répandent la peur. Ça passe par la mise en place ou le rachat d’un réseau de communication indépendant,d’un réseau d’approvisionnement en eau et en électricité indépendant, s’ils n’ont pas trouvé de solutions au problème, on trouvera la solution à leur place. Ça passe par la création des centres de protection des individus et des libertés. Ça passe par la mise en place de jardins et de plantations communautaires et touristiques.

Ça passe aussi par la musique, par les chansons, par les clips, par les publicités, par les livres, les shows d’humour et les pièces de théâtre, les magazines ; par les films, les documentaires, les émissions et les téléréalités. On doit leur apprendre que leur système est dépassé, que les talents cachés, emprisonnés dans le «Kounabélisme» et le «Bongoisme», seront révélés au plus grand nombre. Ça passe par la production, l’industrialisation, l’exportation et l’importation de contenus essentiels à la vie, à la survie, à l’éducation, à la santé et à l’économie du pays. Ça passe par la création de structures totalement indépendantes du régime. Ça passe par des postes de surveillance, avec des relais, des observateurs, des dénonciateurs et des diffuseurs d’alertes. Ça passe par des enquêtes poussées, approfondies, structurées.

Ça passe par la lutte contre les vices qui rongent la jeunesse et la maturité et accentue le sentiment d’impuissance face aux problèmes liés à la corruption ou non, à l’adolescence ou non, à l’absence ou au peu de loisir, à la privation scolaire, parce que ne pas rémunérer les enseignants du système public, c’est sacrifier la jeunesse. Ça passe par des cliniques juridiques, sanitaires, sociales et économiques. Ça passe par l’éducation, le loisir et l’information. Ça passe par la culture, sa promotion, sa valorisation, son héritage, notre patrimoine. Ça passe par l’écrit, le décrit, l’expliqué, le démontré. Ça passe par des marches pour les disparus, des messes, des commémorations, des séances d’informations, des communiqués, des conférences de presse, des ateliers de concertation, des syndicats organisés et soutenus. Ça passe par l’appui et le soutien indéfectible du Parlement européen, des puissances du monde et de la France. Par la mise en demeure des responsables, le gel de leurs avoirs et de leurs biens mal acquis et surtout par l’interdiction de séjour dans les territoires hostiles à toute forme de dictature et à toute forme de violations des libertés humaines, individuelles et collectives. Ça passe par mille et un domaines et sous-domaines, mais ça commence comme un rêve et se transforme en réalité.

Une nouvelle génération de panthères

Ça c’est l’histoire de notre révolution, un plan stratégique pour contrecarrer, anéantir, formater la partie de la conscience qui les a convaincus de renoncer à l’esprit qui nous lie tous au pays, à notre communauté, à notre liberté.

Un jour ça se passera comme ça. Le peuple endormi sera obligé de se réveiller, parce qu’on va crier plus fort, agir plus, faire plus pour les collectivités qu’ils ne le pourraient même s’ils le voulaient. Ça passe par toi, lui, nous, notre réussite individuelle et collective, par notre affection, notre considération, notre projet mutuel et collectif pour un autre Gabon, pour un Gabon Libre, pour une destitution, en bonne et due forme, une destitution inéluctable de celui nous a confisqué notre propre pays.

Le plus beau dans l’histoire, c’est qu’un plan pareil, même s’ils bossent le vaudou, même s’ils dansent le Bwiti, même s’ils réveillent les morts, même s’ils alignent leurs cerveaux et mettent tout en œuvre pour l’arrêter, ils apprendront, à leur dépens, qu’on n’arrête pas les génies, qu’on ne stoppe pas le progrès, que le progrès est en marche, ils peuvent parler d’émergence et continuer de vendre leur salade à leurs disciples, le fait est qu’ils viennent tout juste d’apprendre qu’on ne coupe pas Internet, quand on veut… laissons-leur le temps d’assimiler que le temps où on pouvait mentir impunément à des gens qui ont les yeux bien ouverts en regardant droit dans la lentille de la caméra est révolu. Maintenant, on juge par les actes.

Un million huit cent mille Gabonais versus … combien ils sont déjà ? Y a pas match, on ne leur laisse pas diriger le Gabon, on déserte le château tant que le véritable souverain ne sera pas assis sur son trône. Le roi, ce n’est ni Ping ni Ali, il n’a qu’un seul nom et son nom c’est le peuple et la solution à tous nos problèmes, c’est que le peuple se réveille. Le plan est simple. On va continuer à frapper à la porte des cœurs des progressistes et étape par étape, ils vont réaliser «qu’une nouvelle génération de panthères» s’est mise sous le projecteur, non pas pour cacher leur podium, mais pour le diriger vers l’urgence, vers la réalité, vers l’essentiel : le bien-être, l’épanouissement, la réussite collective et individuelle des Gabonais.

Et on n’oublie surtout pas que lorsque plusieurs personnes se réunissent en son nom, il est au milieu d’eux. «Que la volonté de Dieu soit faite», dixit Bertrand Zibi avant d’être emprisonné sauvagement. On a eu le cœur gros, on a pleuré, on a été déchiré, la plaie est béante, on a crié, on a chanté, on s’est assis pour réfléchir à genoux ou debout et puis on se lève et on se remet en marche, parce que la révolution est en marche, elle est belle, elle est digne, elle est pure, et elle ne vous appartient pas.

Le pouvoir au peuple. Voilà!

#FreeGabon