Le parti d’opposition membre de la Coalition pour la nouvelle république (CNR) opérait le 18 novembre à Libreville sa rentrée politique. Persuadé d’une alternance au sommet de l’Etat, il a invité les potentiels soutiens du peuple à durcir leurs interventions contre le régime d’Ali Bongo.

Les membres du bureau exécutifs du PGP. © D.R.

 

Des militants toujours d’attaque. © D.R.

Le président du Parti gabonais du progrès (PGP) a vivement incité les pays partenaires du Gabon, la France singulièrement, à une contribution davantage active «pour la récupération de la vérité des urnes».

Lors de la rentrée politique du PGP, le 18 novembre à Libreville, Benoit Mouity Nzamba a estimé que «pour éviter une débauche d’effort et d’énergie, les coups les plus acérés doivent être concentrés sur les ennemis du peuple qui sont Ali Bongo Ondimba et ses affidés».

Ces assises qui se sont tenues en présence de Jean Ping, challenger d’Ali Bongo lors de la présidentielle de 2016, ont revêtu un caractère particulier, illustré par la présence des coordinations des 9 provinces du pays. Ce parti qui se définit de gauche et affilié à l’international socialiste, ne semble pas avoir tourné la page de l’élection présidentielle de 2016, remportée selon lui par Jean Ping à une large majorité des suffrages. Le parti continue d’appeler à une contribution de tous pour la récupération de la victoire de Jean Ping.

Après avoir peint un tableau presqu’apocalyptique du pays, où l’exécutif userait à loisir de violence d’Etat, d’acharnement contre les libertés, de confiscation des leviers de l’Etat tels que la Justice ; le président du PGP a appelé les militants à la mobilisation et à la vigilance. Il les a exhortés à demeurer dans la résistance.

Commentant les faits récents relatifs à la révision constitutionnelle envisagée, notamment la loi relative aux réunions et manifestations publiques, Mouity Nzamba l’a qualifiée de «loi scélérate à visées bellicistes et criminelles, qui n’incite qu’à la violence». Tout comme il a perçu la descente récente d’un huissier, assisté d’un escadron de gendarmerie hautement armé au domicile de Jean Ping pour lui notifier une saisie de bien dans une affaire l’opposant à un proche d’Ali Bongo, comme étant «un acte d’invite à la guerre civile». «En souvenir de qui et de quoi pense-t-il nous imposer une guerre civile ?», s’est-il interrogé.

Par sa voix, le PGP a salué la résolution prise par le parlement de l’Union européenne le 14 septembre 2017. Il a par ailleurs appelé à la libération des prisonniers politiques. Mouity Nzamba s’est dit toujours engagé à pratiquer «une politique d’unité avec tous les patriotes et démocrates sincères et nous nous démarquons résolument de tous ceux qui louvoient au gré de leurs intérêts égoïstes, comme nous nous sommes démarqués des mercenaires politiques et idéologiques qui s’échinent à justifier leurs trahisons comme des cyniques opportunistes aujourd’hui à la tête des strapontins négociés dans le déshonneur le plus vil».

L’installation des présidents des coordinations provinciales a également constitué un des temps forts de cette manifestation.

Auteur : Alain Mouanda