La tenue des élections législatives annoncées par certaines indiscrétions les 25 août et 8 septembre 2018 semble s’éloigner. En effet, pour coller à la fin  du mandat des conseillers municipaux et départementaux le 19 janvier 2019, les autorités compétentes envisageraient, à présent, de les organiser simultanément, en octobre-novembre prochain. C’est ce qui ressort des rencontres entre la Cour Constitutionnelle, le ministère de l’Intérieur et le Centre Gabonais des Elections (CGE).

Ébullition au siège du parti au pouvoir à Louis (Libreville), le samedi 7 juillet 2018 : des membres de l’AJEV ayant une carte d’adhésion au PDG devraient, en grand nombre, figurer sur les listes en préparation. © Facebook

 

«Le premier tour des législatives se déroulerait tout seul, tandis que, deux semaines plus tard, le second tour de ce scrutin se tiendrait en même temps que le tour (unique) du scrutin local», indique une source généralement bien informée. Au motif que la trésorerie de l’Etat est à l’étiage, les autorités chargées de la préparation et de l’organisation des élections ont décidé de faire en sorte qu’elles se tiennent au même moment. L’alibi est qu’un tel procédé ramènerait les coûts des élections à des proportions financières raisonnables.

En conséquence, dès que les responsables du Parti démocratique gabonais (PDG) ont eu cette information, un mot d’ordre a aussitôt été donné à leur base : confectionner, durant le week-end du 7 au 8 juillet dernier, les listes de leurs candidats aux scrutins locaux. Dans les fédérations et les sections, les militants ont effectivement travaillé jusqu’à des heures tardives pour trouver 30% de femmes, 30% de jeunes et 40% d’hommes sur chaque liste, avec plus ou moins de bonheur ici et là. Ce, afin de s’ajuster à l’une des recommandations du Congrès ordinaire de décembre 2017 portant sur la place prépondérante que devraient prendre les femmes et les jeunes dans le jeu politique.

Le PDG veut aller vite afin de «prendre possession du terrain» tout aussi rapidement. Pour le Parti de Louis, les futurs scrutins sont cruciaux. La stratégie liée à la régénération et à la revitalisation a-t-elle vraiment pris corps parmi les militants ? Les manquements, les trahisons, les votes contre, les «désertions» observés lors de la dernière présidentielle et reconnus officiellement par la direction de ce parti sont-ils toujours en vigueur ? Il s’agit également de voir si la reconquête du terrain envisagée avec le lancement de la stratégie des réinscriptions et des adhésions nouvelles est réellement en marche…

Dans cette optique, les choix effectués le week-end dernier par ce que l’on appelle, dans le jargon PDGiste, «les militants de base» devaient être déposés au siège du parti le lundi 9 ou le mardi 10 juillet «date de rigueur». Ces listes devraient ensuite être examinées et entérinées par la hiérarchie du parti cette semaine. Selon certaines indiscrétions, des jeunes membres de l’Association des Jeunes Émergents volontaires (AJEV) qui ont une carte PDG devraient rejoindre en grand nombre certaines de ces listes.

L’opposition, elle, n’a pas été informée de ces changements. Elle continue à ne parler que des futures élections législatives.