L’agence Fitch solutions macro research, filiale de l’agence de notation «Fitch Ratings», a revu à la baisse le score du Gabon dans son indice de risque politique à court terme, le faisant passer de 58,8 à 57,5 sur 100. Cette décision est justifiée par la montée des risques induits notamment par les réductions de dépenses de l’État et le retard de publication du calendrier des élections législatives.

Les mois à venir au Gabon restent incertains selon Fitch solutions. © REUTERS/Edward McAllister

 

Les choix opérés par le gouvernement gabonais présenteraient les signes d’un probable échec du pouvoir à réconcilier les Gabonais entre eux, mais également à poser les jalons de la relance de l’économie. Deux facteurs importants sur lesquels compte le pouvoir pour asseoir le pouvoir d’Ali Bongo, toujours contesté par les leaders de l’opposition réunis au sein de la Coalition pour la nouvelle République.

Les incertitudes générées par ce doute ont conduit l’agence Fitch à revoir à la baisse le score du Gabon dans son indice de risque politique à court terme, le faisant passer de 58,8 à 57,5 sur 100. Cette décision est justifiée, précise l’agence, par la montée des risques pour la continuité des politiques, induits notamment par les réductions de dépenses de l’État et le retard de publication du calendrier des élections législatives. Ces deux éléments augmentent le risque de troubles au Gabon au cours des prochains mois.

«Les compressions dans la masse salariale publique vont probablement miner le soutien du président Ali Bongo Ondimba parmi l’élite politique de sa majorité républicaine pour l’émergence, renforçant probablement les chances de l’opposition de mener une campagne électorale compétitive. Les plus grands syndicats du pays se sont unis dans l’opposition et ont annoncé une série de manifestations contre les coupes», indique l’agence Fitch.

Elle rappelle d’ailleurs avoir depuis longtemps mis en évidence la menace qui pèse sur Ali Bongo, en ce qui concerne les divisions au sein de l’élite. «Cela va probablement empirer à mesure que le gouvernement dispose de moins de ressources à distribuer. Le gouvernement utilise depuis longtemps les emplois du secteur public et d’autres formes de favoritisme comme moyen essentiel de créer et de maintenir un soutien».

Selon les conclusions de cette agence de notation, les nuages d’instabilité politique qui planent sur le Gabon vont certainement gripper la croissance économique du pays. «L’incertitude sur l’orientation politique pèsera sur l’investissement. Les protestations et les troubles potentiels affaibliront la capacité du gouvernement à faire adopter des lois. Cela pourrait affecter la capacité du gouvernement à réformer ses lois sur les hydrocarbures, ce qui, selon notre équipe Oil & Gas, est nécessaire pour soutenir les activités d’exploration en amont», conclut Fitch solutions.