Intervenant dans le cadre d’un échange entre Marine Le Pen et les membres d’associations africaines, le 2 mai dernier à Paris, Laurence Ndong a dressé le tableau sombre de la situation démocratique en Afrique centrale. Une question sur laquelle a été interpellée la candidate à la présidentielle française.

Laurence Ndong. © facebook.com/laurylndong

 

A la veille du débat présidentiel, Marine Le Pen est allée à la rencontre de membres d’associations africaines, le 2 mai dernier, dans le 15e arrondissement parisien. Une rencontre au cours de laquelle la candidate du Front national (FN) a été entretenue sur des pays où des élections ont été contestées comme le Congo, le Tchad ou le Gabon.

Parmi les interlocuteurs de la candidate, figure en bonne place Laurence Ndong, membre de la Coalition Tournons la page, notamment. Pour elle, il ne fait aucun doute que le problème de l’Afrique, aujourd’hui, c’est la mal gouvernance. «Elle est tenue par des dictateurs qui organisent de fausses élections, trichent à chaque fois», a-t-elle déclaré, déplorant cependant la passivité de la France face à cette situation, en Afrique centrale notamment et plus précisément, dans son pays au Gabon.

«Quand Bachar el-Assad tue son peuple en Syrie, on est indigné en France. Mais lorsqu’au Gabon, Ali Bongo fait massacrer des jeunes enfants dans la rue pour se maintenir au pouvoir, et qu’on a un rapport de la mission d’observation de l’Union européenne reconnaissant que la présidentielle de 2016 a été entachée de fautes graves, personne ne dit rien», a-t-elle lancé à la candidate au fauteuil présidentiel.

Réagissant par ailleurs aux propos liminaires de Marine Le Pen, Laurence Ndong est revenu sur la question de l’immigration. «Vous parlez d’étudiants qui devraient repartir chez eux (…) Lorsque les Gabonais venaient faire leurs études en France, ils repartaient chez eux. Ce qui n’est plus le cas : ils ne veulent plus rentrer dans leur pays. Personne n’émigre volontairement», a-t-elle souligné, rappelant, une nouvelle fois, la gangrène de l’Afrique.

«Nous voulons rester chez nous, mais vous et l’ensemble de la classe politique française connaissez le problème de l’Afrique : la mal gouvernance», a-t-elle réitéré. «Il n’y a pas de développement sans démocratie, il y a ces dictatures qui perdurent, qui ont formé ces oligarchies pillant nos Etats ; qui font que dans des pays comme le Gabon, où nous avons 1,2 million d’habitants, le chômage des jeunes est de 35%. Pourquoi ? A cause d’une seule famille : les Bongo, qui pillent le pays», a indiqué le membre de la société civile.

Et Laurence Ndong d’interroger Marine Le Pen sur sa posture, une fois élue à la tête de la France. «Que ferez-vous lorsque vous serez à l’Elysée ? Allez-vous les accueillir et leur tendre la main ?», a-t-elle demandé. Rejetant toute «ingérence» ou «clientélisme», la candidate à la présidentielle s’est dite prête, si elle est élue, à «aider, pousser, insuffler, influencer pour que des élections libres puissent avoir lieu», dans les pays africains concernés.