Si la nomination du nouveau gouvernement a arraché quelques commentaires acerbes à Laurence Ndong, l’activiste est surtout revenue, le 22 août, sur les motivations de son engagement contre le régime d’Ali Bongo : la démocratie.

Laurence Ndong en compagnie d’autres activistes contre le régime d’Ali Bongo. © facebook.com/laurylndong/photos

 

Comme il fallait s’y attendre, la nomination du nouveau gouvernement a donné matière à réagir aux Gabonais de la «résistance». Très active parmi les Gabonais de France contestant la légitimité d’Ali Bongo, Laurence Ndong n’y est pas allée de main morte : «malgré le fait que depuis un an on lui dit qu’il a volé le pouvoir, il ne fait même pas semblant. Ne fut-ce que pour nous amadouer un peu. Il persiste dans sa voie, son arrogance et son outrecuidance», a-t-elle déploré dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, le 22 août.

«Il est allé chercher le Fonds monétaire internationale (FMI) qui lui a demandé de réduire le train de vie de l’Etat. Et pourtant, il a quand même nommé 37 ministres pour un million d’habitants», a-t-elle réagi. Pour l’activiste, rien de concret n’accouchera de ce gouvernement dont l’inaction semble désormais inscrite dans les gênes.

D’où son appel populaire à l’éveil des consciences des Gabonais pour changer l’ordre actuel des choses. «Ils sont allés bien trop loin pour pouvoir reculer : ils savent que la Cour pénale internationale (CPI) et la justice populaire des Gabonais les attendent. Ce sera eux ou nous», a déclaré Laurence Ndong. «Prenons notre courage à deux mains, aujourd’hui les gens les regardent», a-t-elle ajouté.

Selon elle, cette exaspération généralisée des populations est même perceptible au sein du Parti démocratique gabonais (PDG). Elle en veut pour preuve la démission récence de Faustin Boukoubi, ancien secrétaire général du parti au pouvoir. «Beaucoup sont exaspérés, même au sein du Parti démocratique gabonais. Faustin Boukoubi a démissionné du PDG parce qu’il était fatigué des humiliations, même s’il l’a fait tardivement. Il aurait du partir en 2013», a affirmé Laurence Ndong.

Cette dernière a par ailleurs insisté sur les motivations du combat qu’elle mène aux côtés de ses camarades. «Nous ne nous battons pas pour un homme mais pour la liberté. Jean Ping est le premier maillon d’un processus parce qu’il a été élu par le peuple», a-t-elle souligné. Et même dans la perspective de la prise du pouvoir par Jean Ping, Laurence Ndong s’est dite prête à retourner sa veste en cas de nécessité.

«Nous avons élu Jean Ping sur la base d’un programme électorale. Si ce programme n’est pas respecté, nous deviendrons opposants de Jean Ping. C’est ça la démocratie et c’est cela que nous voulons au Gabon : que le peuple gabonais soit libre de choisir et de démettre ses dirigeants», a-t-elle averti. Voilà qui est clair !