Laurence Ndong s’est prononcée récemment sur le départ du gouvernement de Ben Moubamba. Pour ce leader des Gabonais de la résistance, l’ancien ministre de l’Habitat n’a eu que ce qu’il méritait. «C’est ce qui arrive lorsqu’on vend son âme», a affirmé Laurence Ndong.

Laurence Ndong. © Facebook / laurylndong

 

Invitée de l’émission L’invité du jour sur Africa 24, le 12 septembre, Laurence Ndong a été amenée à commenter l’éviction du gouvernement de Ben Moubamba. «Cela prouve à suffisance le chaos régnant au sein du gouvernement d’Ali Bongo, parce que c’est un gouvernement illégitime», a affirmé l’auteure du livre «Gabon pourquoi j’accuse», publié aux Éditions L’Harmattan.

Selon Laurence Ndong, l’éviction de l’ancien ministre de l’Habitat découle de son choix de marcher avec des gens avec lesquels il ne partageait nullement les convictions. «Il a vendu son combat pour le peuple gabonais pour avoir ce poste», a-t-elle déclaré, avant d’ajouter : «il n’aurait jamais dû accepter la main tendue de ce gouvernement qui est illégitime et qui, depuis huit ans, a mis le Gabon dans le chaos».

Cette dernière a par ailleurs remis en doute la lucidité de Ben Moubamba en acceptant l’«œuf pourri» qu’est le ministère de l’Habitat. En 2009 en effet, Ali Bongo avait promis aux Gabonais 35 000 logements sur sept, à raison de 7000 par an. «Ben Moubamba a accepté qu’on lui refourgue cet œuf pourri. Il lui a été demandé de mettre à la rue 800 familles gabonaises en octobre 2016, et il l’a fait. Il a promis aux Gabonais 10 000 logements par an. Plus d’un an après, il n’a même pas laissé une cabane», a déploré Laurence Ndong.

Dans son développement, Laurence Ndong s’est également permis quelques commentaires sur l’astreinte territoriale des opposants, récemment levée par le ministère de l’Intérieur. «Les décisions qui ont été prises récemment par le gouvernement fraudeur et usurpateur au Gabon, témoignent de son autocratie. Il s’enracine dans sa tyrannie, interdit aux opposant de sortir du territoire : c’est une privation des droits fondamentaux des populations», a-t-elle relevé.

D’autant que, de son point de vue, cette décision ne s’imposait nullement. Car, a-t-elle argumenté : «Jean Ping n’a jamais appelé au trouble à l’ordre public. Il a simplement appelé les populations à la résistance». «A la dernière présidentielle, c’est le quartier de Jean Ping qui a été attaqué à l’arme lourde, nous avons des rapports qui en parlent ; ce sont les manifestants qui se sont faits tirer dessus à balles réelles ; il y a eu des morts, aucun dans le cas d’Ali Bongo. Les morts sont parmi les manifestants, car cette dictature réprime toute manifestation (…) Et nous résisterons jusqu’à ce que cette dictature tombe», a-t-elle ajouté.

Appelé par une frange de l’opposition, la médiation internationale dans la crise postélectorale au Gabon semble avoir les faveurs de Laurence Ndong. Toutefois, a-t-elle nuancé : «tout dépend de ce à quoi doit aboutir cette médiation internationale». Pour les Gabonais de résistance, dont elle est un des leaders charismatiques, toute action doit aboutir au départ du pouvoir d’Ali Bongo. «Quelqu’un qui est vomi par son pays et la terre entière ne peut demeurer au pouvoir. Nous n’accepterons aucune médiation allant dans le sens d’une cohabitation avec Ali Bongo», a conclu Laurence Ndong.