Jean-Félix Mamalépot, une des personnalités ayant marqué pendant plus d’une décennie et demie l’histoire de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), est décédé le mercredi 12 décembre à Libreville dès suite d’une longue maladie.

Jean Felix Mamalepot fut longtemps gouverneur de la banque centrale des États de l'Afrique centrale - © D.R.

Jean Felix Mamalepot fut longtemps gouverneur de la banque centrale des États de l’Afrique centrale – © D.R.

Jean-Félix Mamalépot est né le 28 décembre 1940 dans la région du Haut-Ogooué. Il était diplômé du Centre d’études financières, économiques et bancaires (Cefeb) de l’École supérieure des sciences commerciales appliquées de Paris. En 1968, il fait ses débuts à la Banque centrale des États de l’Afrique équatoriale et du Cameroun (BCEAEC) à Paris, puis au Cameroun et au Tchad. De retour à Libreville en 1970, il devient directeur général adjoint, puis directeur général de la Banque gabonaise de développement (BGD), fonction qu’il occupera jusqu’en 1990.

Le 24 juillet 1990, il remplace un autre gabonais, Casimir Oyé Mba, nommé premier ministre, à la tête de la Banque des États de l’Afrique centrale,  dont le siège se trouve à Yaoundé (Cameroun). Il y passera 17 ans en étant réélu en 1995, 2000 et 2005 en tant que gouverneur. Il y sera remplacé à son tour en 2008 par un autre Gabonais, Philibert Andzembe. En sa qualité de gouverneur de la banque de 1990 à 2007, sa responsabilité a été directement engagée dans l’affaire des détournements à la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC). «Le gouverneur ne pouvait pas ne pas savoir», affirme un connaisseur du dossier. Aucune action en justice n’a cependant été engagée contre lui.

Le président Omar Bongo Ondimba le nomme le 21 juin 2008 Haut-commissaire à la Présidence de la République, chargé de la mise en place de la Zone franche de l’île Mandji. Plus tard, il sera le premier président du Conseil d’administration de la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS).

Jean-Félix Mamalépot était soigné depuis la mi-novembre à l’hôpital Cochin, à Paris. Selon des analystes, il a laissé à son successeur à la BEAC une zone monétaire assez stable grâce à la bonne tenue des prix des matières premières, notamment du pétrole et du bois.