Après Okologo (SNI) et Ditona (CDC), Désiré Lasségué pourrait bien être le prochain ancien directeur général d’entreprise publique à être entendu, en ce début d’année, par la Direction générale de la Contre-Ingérence et de la Sécurité militaire (B2). L’audit effectué par la Cour des Comptes à Batavéa aurait révélé quelques malversations imputables à l’ancienne équipe dirigeante de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS).

Le bardage en lambeau du siège de la CNSS (actuellement en réfection). © Gabonactu

 

Le médecin anesthésiste-réanimateur devrait être convoqué dans les tout prochains jours au B2. Selon des sources généralement bien informées, le rapport de l’audit effectué au siège de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) aurait révélé des malversations dans les comptes de l’entreprise. Ces malversations seraient imputables à l’équipe dirigeante sortante. Épinglé par l’audit, le directeur général sortant de la CNSS va devoir répondre de ces «accusations de malversations».

Un système d’enrichissement illicite sur plusieurs milliards de francs

En plus de cet audit, il y a les déclarations publiques de la nouvelle dirigeante de la CNSS, Nicole Assélé, selon lesquelles l’entreprise vient de réaliser, en décembre 2017 et janvier 2018, un bénéficie de 1,8 milliard de francs CFA, fruit de la découverte d’un système de prévarication bien huilé. «La CNSS vient de loin, ses comptes étaient pillés grâce à un système mis en place par l’équipe sortante», souligne un agent. «Désiré Lasségué et ses amis Deckoussoud et autres ont mis la CNSS en coupes réglées, ils doivent donc répondre de leurs actes», ajoute-t-il.

«A la CNSS, il y avait un vrai système d’enrichissement illicite fait de virements sur des comptes fictifs, de surfacturations sur les chantiers en cours, de détournements de parcs automobiles et de paiements multiples de pensions-retraites, sans oublier la préférence familiale dans l’octroi des marchés (location de véhicules, agence de voyage, etc.) Les dirigeants sortants sont mouillés jusqu’au cou. Ce système de détournements de deniers publics et de prévarication se chiffrerait à plusieurs milliards de francs CFA», indique un autre interlocuteur au sein de la CNSS.

Après Juste-Valère Okologo w’Okambat, directeur général de la Société nationale immobilière (SNI), et Alain Ditona Moussavou, ancien directeur général de la Caisse des dépôts et consignations (CDC), le médecin anesthésiste-réanimateur, Désiré Lasségué, qui a dirigé la CNSS de mars 2013 à août 2017, devrait être entendu dans les tout prochains jours. L’étau se resserre donc autour d’un «intouchable» d’il n’y a pas si longtemps…

Et les présidents de conseils d’administration ?

Malgré toutes les malversations causant d’énormes dysfonctionnements dans la gestion des entreprises publiques au Gabon, les conseils d’administration n’appellent jamais à une remise en question des pratiques. Ni à la CNSS, ni ailleurs. D’où le souhait de certains syndicats de voir les présidents de ces instances aller s’expliquer sur cet état de fait dans les services compétents.