Battu aux élections internes du PDG pour le Bureau Politique et non investi pour les élections législatives des 6 et 27 octobre prochains, l’ancien président de l’Assemblée nationale garde un mutisme que beaucoup de Lambarénéens disent ne pas comprendre…

Richard Auguste Onouviet. © aLibreville

 

Richard Auguste Onouviet a-t-il décidé de sortir de la vie politique ? Très peu de Lambarénéens y croient. Pour eux, ce n’est pas à 69 ans et après avoir occupé des portefeuilles ministériels de premier plan (Eaux et Forêts, Planification, Mines et Pétrole notamment) et dirigé une des plus grandes institutions de la République, l’Assemblée nationale, que l’on prend sa retraite politique.

Mais alors comment expliquer son silence ? Membre du Parti démocratique gabonais (PDG) où il a occupé des positions éminentes, notamment celle de membre du Comité permanent du Bureau Politique, Richard Auguste Onouviet n’a pas été vu sur le terrain politique depuis la dissolution de l’Assemblée nationale, fin avril dernier. Mieux, depuis la publication, mi-août, de la liste des candidats investis par le PDG pour les élections législatives et locales, dans laquelle son nom ne figurait pas – une première au Gabon pour un président sortant de l’Assemblée nationale – l’ancien élu de Lambaréné n’a pas dit mot. Et, Madeleine Berre-Rogombé a été investie comme candidat à la députation dans son arrondissement.

L’opinion avait pu croire qu’«en militant discipliné et fidèle aux idéaux du parti», selon la terminologie PDGiste, Richard Auguste Onouviet viendrait apporter de manière officielle et même ostentatoire son soutien à la «camarade Berre» au cours d’un grand raout du PDG. Récemment, celle-ci a reçu le soutien du Secrétaire Général du PDG, Eric Dodo Bounguendza, au cours d’une grande causerie politique marquée par… l’absence de l’ancien «doyen politique» de la région de Lambaréné. «Où est-il donc passé ? Pourquoi se fait-il si discret ?», se demandait ce jour-là un militant PDG de la Fédération A du 1er arrondissement. «On savait que ses relations avec Ogouma étaient exécrables, mais là Ogouma est parti, et c’est Madeleine Berre qui est là, il devrait venir pour elle», estime un autre militant. Un autre espère : «Il va certainement revenir, il ne peut pas nous abandonner comme ça».

Sa non-investiture traduit en tout cas la mauvaise gestion des ressources humaines au PDG… au nom d’un jeunisme qui pourrait s’avérer infécond. Car, Richard Onouviet ne saurait figurer dans le Jurassic Park des hommes politiques gabonais. Et s’il est gens ayant un fief, il est résolument l’homme de Lambaréné. Bien enraciné dans cette ville depuis ses frictions larvées de leadership avec le patriarche Georges Rawiri – qu’il avait fait porter au Sénat en battant la campagne des locales pour lui -, il n’a jamais laissé l’opposition s’emparer du Gabon en miniature qu’est Lambaréné. Pièce rapportée à Lambaréné pour la circonstance, Madeleine Berre-Rogombé ne saurait garantir les mêmes scores qu’Onouviet. De ce fait, nombreux n’ont pas compris la stratégie du PDG quant au président sortant de l’Assemblée nationale.

Visiblement, l’absence et surtout le mutisme de Richard Auguste Onouviet sont mal vécus par les militants de base à qui il semble tant manquer. Peut-être réagira-t-il après l’annonce des résultats…