Léon Obame, un activiste Gabonais aux États-Unis, a été reconnu coupable d’agression de l’ambassadeur de son pays à Washington, Michael Moussa Adamou, lors d’une manifestation en décembre 2011 devant l’ambassade. Trois ans de prison ferme pèsent sur lui.

L’ambassadeur du Gabon aux États-Unis, Michaël Moussa Adamou, le jour de son agression - © D.R.

L’agression de l’ambassadeur du Gabon aux États-Unis, Michaël Moussa Adamou, par le nommé Léon Obame, le 9 décembre 2011 à Washington, s’achemine vers son épilogue judiciaire. Les procureurs fédéraux ont reconnu, le 11 octobre dernier, l’activiste politique gabonais coupable d’agression contre un agent public étranger, un crime qui requiert dans ce pays une peine maximale de trois ans de prison. «Les voies de fait contre un fonctionnaire étranger est un crime grave», a déclaré le procureur américain Ronald Machen Jr., relayé le 13 octobre par le Washington Examiner. «Ce genre de comportement ne sera pas toléré, et ceux qui se livrent à ce genre d’attaques seront tenus entièrement responsables», a poursuivi le juge.

Gabonais installé en Caroline du Nord, Léon Obame, 45 ans, était accusé d’avoir frappé à coups de poing l’ambassadeur du Gabon aux USA lors d’une manifestation à l’ambassade du Gabon à Washington. En décembre 2011, des ressortissants gabonais proches de l’opposition avaient en effet organisé une petite manifestation devant l’ambassade de leur pays à Washington. L’ambassadeur gabonais, Michael Moussa Adamou, était sorti de l’immeuble de bureaux qui abritait provisoirement l’ambassade lorsqu’il a été frappé par Léon Obame, indiquent les documents à charge cités par la presse américaine.

Auditionné par le Procureur général des USA en janvier dernier, André Bouassa, un Gabonais qui prenait également part au sit-in, avait soutenu que Léon Obame n’avait pas frappé l’ambassadeur mais l’avait poussé, en réaction à une altercation verbale. Le diplomate était tombé, heurtant au passage un vélo et se blessant au nez au terme de sa chute avant d’être emmené dans un hôpital en ambulance.

L’agresseur inculpé qui avait alors indiqué avoir réagi à une insulte de Michael Moussa, soutenait par ailleurs que l’ambassadeur est son beau-frère. De bonne source, l’épouse de celui-ci est une amie très proche du ministre délégué à l’Économie numérique, Assengone Obame, qui serait la sœur de l’activiste incriminé. Léon Obame qui est également poursuivi pour vandalisme et incendie de biens publics gabonais aux USA, le 30 août 2009 puis le 25 décembre de la même année, avait plaidé non coupable concernant ces accusations d’incendie criminel. L’an dernier, il était l’un des quatre signataires d’une lettre adressée au Département d’État américain pour demander le retrait d’Éric Benjaminson en tant qu’ambassadeur des États-Unis au Gabon, jugé trop favorable à Ali Bongo. Si la date du verdict définitif n’a pas encore été communiquée, on sait que l’activiste gabonais est depuis lors placé en détention préventive.