Le président du Rassemblement héritage et modernité s’est exprimé, le 16 mai 2018, en présence des secrétaires généraux du parti et les présidents des partis alliés. But : livrer le point de vue du RHM et apporter des éclaircissements sur les récents évènements de la vie politique du Gabon. Entre la dissolution de l’Assemblée nationale et du dernier gouvernement, l’entrée au gouvernement de Michel Menga M’Essone, l’appel au boycott, Alexandre Barro Chambrier a littéralement tout abordé.

Alexandre Barro Chambrier et les cadres du Rassemblement héritage et modernité, le 16 mai 2018. © Gabonreview

 

Après une longue lecture des derniers évènements ayant marqué la vie politique du Gabon, le président du Rassemblement héritage et modernité, s’est présenté, le 16 mai dernier, devant les médias en vue décrypter et livrer les commentaires de son parti sur ces faits.

Les hiérarques des partis alliés lors de la conférence de presse du RHM. © Gabonreview

Entamant son exposé par ce qu’il qualifie de «dérèglement institutionnel» consécutif à la mise à terme des activités de l’Assemblée nationale et du gouvernement précédent par la Cour constitutionnelle, le RHM, par la voix de son président, assure avoir pris «acte de tout ce qui précède et s’étonne à maints égards, du contenu de cette décision de la Cour constitutionnelle qui fait peu de cas de la souveraineté nationale et de la démocratie». Espérant obtenir des réponses à plusieurs interrogations générées par la décision de la haute institution constitutitionnelle.

«En mettant en demeure le président de la République de nommer un nouveau gouvernement désormais responsable devant lui seul, la Cour n’a-t-elle pas substitué un régime présidentialiste à un régime semi-présidentiel ? Puis s’impose à tous, la question de l’existence ou non des contre-pouvoirs. Le président de la République étant pénalement, civilement et administrativement irresponsable, comment dès lors opèrera-t-il la mission de contrôle sur un gouvernement responsable devant lui et lui seul. Avec quelle efficacité, le président de la République exercera-t-il la mission de contrôle de l’action gouvernementale ou d’adoption des lois précitées ? Devrait-on comprendre que désormais le président de la République se substitue au parlement sur décision de la Cour constitutionnelle ?», interroge Alexandre Barro Chambrier.

En venant à l’entrée au gouvernement de Michel Menga M’Essone, ancien secrétaire général de sa formation politique, Alexandre Barro Chambrier appelle «au ressaisissement et à la sérénité», réitérant, afin que nul n’en ignore, que «la participation de l’intéressé au gouvernement est une décision personnelle qui n’engage que l’intéressé et que du reste ce dernier assume». Plaignant leur sort, le président de RHM a affirmé que les trois membres du groupe des 41 partis de l’opposition entrés au gouvernement sont, en réalité, «enfermés dans un piège qui se refermera inexorablement sur eux quand viendra l’heure des comptes».

Se saisissant de l’appel au boycott des législatives lancée par une partie de la Coalition pour la nouvelle République, Alexandre Barro Chambrier invite les promoteurs de cette option à revisiter les résultats des postures similaires adoptées par le passé, notamment les législatives de 1990, de mars 1991 (élections à deux tours) et décembre 2011 pour comprendre qu’il n’est pas vertueux pour l’opposition de s’autoexclure du jeu parlementaire. «Elle ne le ferait qu’au détriment des intérêts du peuple gabonais, désormais privé de contre poids et de porte-voix au sein de l’Assemblée. Il va de soi que si elle venait à reproduire cette erreur stratégique, l’opposition gabonaise perdrait aux yeux de tous le crédit dont elle jouit. Elle établirait durablement dans l’esprit de ceux qui la soutienne au Gabon et hors de notre pays, un doute sur sa réelle capacité à conquérir et exercer le pouvoir», a expliqué le président du RHM.

Continuant d’affirmer qu’il ne reconnaît aucune légitimité à Ali Bongo Alexandre Barro Chambrier et sa famille politique estiment que prôner le boycott «revient tout simplement à consolider le pouvoir du régime que nous combattons, et qui n’en demande pas tant. Prôner le boycott, revient à priver l’immense majorité des Gabonais qui, du fond du pays, attendent impatiemment l’occasion de ces législatives pour confirmer les résultats de l’élection présidentielle de 2016 et ensevelir le système PDG qui tient, tel un gang mafieux, le pays depuis près de cinquante ans».