Dans l’œil du cyclone depuis quelques semaines, six agents de la Police nationale ont été exclus des forces de l’ordre et quatre d’entre eux ont été placés en détention.

Le feuilleton des six «ripoux» de la Police vient de connaître son dénouement. Ces derniers ont été radiés des forces de l’ordre pour manquements graves, et quatre d’entre eux ont été placés en détention.

«Il y a quelques jours, six de vos promotionnaires ont été rayés de nos effectifs pour manquements graves dans un discours aux forces de l’ordre. Quatre d’entre eux croupissent en ce moment à la prison centrale», a déclaré le général Léon Mistoul, commandant en chef de la Police nationale, dans son discours aux forces de l’ordre, le 22 février.

«D’autres ont des dossiers pendants et vont certainement les rejoindre au chômage dans les jours qui viennent», a poursuivi le général Mistoul, appelant les agents à se ressaisir pour ne pas tomber dans les même travers.

De source policière, ceux-ci ont été mis en détention après avoir soutiré à un suspect une somme de 100 000 francs CFA lors d’une perquisition. «Les deux autres fonctionnaires ont été suspendus pour avoir demandé manière abusive à un chauffeur de taxi de payer une amende», a poursuivi la même source.

La corruption au sein des forces de l’ordre est régulièrement critiquée par la population gabonaise, en particulier lors des contrôles routiers au cours desquels il est fréquent que les policiers encaissent directement des amendes dont ils fixent en général le prix en dessous du tarif officiel.

Même si sa compétence est controversée, le nouveau patron de la Police nationale gabonaise, le général de brigade Léon Mistoul, nommé à ce poste le 20 janvier 2012 par décret présidentiel, est précédé de la réputation d’avoir en horreur les contrôles policiers intempestifs et les abus d’autorité. Il a procédé à son premier rassemblement général ce 22 février 2012. Occasion pour lui de prononcer son discours de politique générale, déclinant ainsi ce qu’il attend de la police et ce qu’il compte en faire. Il annonce donc la couleur avec cette série de radiations.

Début janvier, le président Ali Bongo avait souligné la persistance de la corruption dans la police, estimant que «le rétablissement de la confiance entre les Gabonais et les agents en uniforme étaient un des défis majeurs de l’année». On ne demande qu’à voir !