Le ministère de l’Intérieur n’a pas accédé à la demande d’encadrement de la marche du 13 août prochain faite par la Dynamique unitaire, le Syprocom, le Synafopra et le Samtac. Ce samedi 11 août, les quatre syndicats dénoncent une «violation» des lois consacrant le droit aux réunions et aux manifestations publiques en République gabonaise et au niveau international.

La «Grande marche noire» de Dynamique unitaire prévue le 13 août 2018 n’aura pas lieu. © D.R.

 

Annoncée à la faveur de l’assemblée générale organisée le 2 août à Libreville par la confédération syndicale Dynamique unitaire, le Syprocom, le Synafopra et le Samtac, «la marche pacifique» du 13 août prochain n’aura pas lieu. Dans une correspondance datée du 10 août, en réponse à la demande d’encadrement de la manifestation faite le 31 juillet par les quatre organisations syndicales, le ministre de l’Intérieur n’a pas jugé opportun de l’organiser «pour le moment».

Son refus, Lambert-Noël Matha le justifie par le fait que, depuis le 6 août, la question ayant poussé les syndicalistes à annoncer leur marche, les mesures d’austérité, est actuellement en examen à la Cour constitutionnelle. Le ministre rappelle d’ailleurs que c’est à l’initiative des mêmes syndicats que l’institution est appelée à trancher après l’audition des deux parties en conflit.

Cependant, si Lambert-Noël Matha se défend de remettre en cause le droit de manifester des syndicats l’ayant sollicité, il les invite «à sursoir sine die cette marche jusqu’au rendu de la décision de la Cour constitutionnelle». Ce qui laisse penser que le ministre sait par avance que cette décision sera favorable au gouvernement.

Alors que le même refus a été opposé aux syndicats dans tous les chefs-lieux de province du pays pour la même raison, ce samedi 11 août, Dynamique unitaire, Syprocom, Synafopra et Samtac se disent «surpris» par l’argument brandi par le ministre de l’Intérieur et les gouverneurs pour motiver leur refus. Les quatre syndicats assurent que leur action à la Cour constitutionnelle et leur marche «ne sont nullement liées». Ils dénoncent la violation par Lambert-Noël Matha de toutes les lois consacrant le droit aux réunions et aux manifestations publiques en République gabonaise et sur le plan international.