Patience Dabany serait-elle comme Duracell, cette «pile qui ne se fatigue jamais» ?  Du haut de ses 68 ans, elle s’attaque au Zénith, la célèbre salle de spectacle parisienne qui a confirmé ou infirmé la popularité de bien d’artistes africains qui s’y sont produits. Des charters en perspective ?  

A la faveur d’une conférence de presse tenue le 10 mars à Libreville, la diva de la musique gabonaise a annoncé qu’elle se produira au Zénith, en France, le 14 juin prochain. «J’irai en France donner ce concert», a annoncé la chanteuse, en prélude à la prestation qu’elle a livré le 10 mars Gabon Expo, en compagnie de la Guinéenne Sia Tolno, lauréat du prix découvertes RFI 2011. «Je suis la locomotive. J’irai en France avec mon train», a-t-elle poursuivi avec humour.

Si dans les années 60-70, se produire à l’Olympia de Paris était le nec plus ultra et la consécration pour un musicien africain, la norme s’est déplacée et il s’agit désormais de se produire dans des salles beaucoup plus grandes. Cette nouvelle norme a été posée par le congolais Koffi Olomidé qui, après la défunte Abeti Masikini dans les années 80, a joué au Zénith en novembre 1998, puis à Bercy en février 2000 faisant de lui premier artiste africain à avoir rempli la plus grande salle de France (plus de 15 000 personnes). La salle du Zénith compte 5860 places et c’est toujours un défi, surtout chez les Congolais, de pouvoir la remplir.

La diva gabonaise s’était déjà produite à l’Olympia en 2001. Les mauvaises langues et une certaine presse avaient alors soutenu qu’à cette occasion, le public ne s’était pas rué sur l’achat des billets et qu’au finish de nombreuses places gratuites avaient été distribuées à la communauté gabonaise de France, de même que des places de train avaient été payées par l’organisation pour faire monter à Paris un bon nombre de Gabonais vivant dans les autres villes de France. La notoriété internationale de Patience Dabany se serait-elle si accrue en dix ans qu’elle peut désormais boxer dans la catégorie des mastodontes congolais que sont Koffi Olomidé, Papa Wemba, JB Mpiana, Werrason ou Fally Ipupa ?

Née Joséphine Nkama, Patience Dabany est icône de la musique gabonaise dans laquelle elle officie depuis les années 1980. Première épouse de l’ancien chef de l’Etat gabonais, Omar Bongo, elle est la mère de l’actuel chef de l’Etat gabonais, Ali Bongo. Elle a aidé une nouvelle génération d’artistes à démarrer, comme Oliver N’Goma, Aziz Inanga ou Angèle Assélé. Elle a travaillé avec Quincy Jones, Jacob Desvarieux et bien d’autres célébrités. Affectueusement appelée «La Mama», Patience Dabany parraine un nombre très important de jeunes talents de son pays.

Selon le Conseil des Gabonais de France, «la diaspora gabonaise établie en France oscille entre 6000 et 7000 individus». Beaucoup plus que les 5860 places du Zénith. Le pari est en théorie relevable si l’on tient compte de ce que Patience Dabany compte également des fans dans la communauté internationale des mélomanes.