Fils du mythique designer et sculpteur Basile Allainmat, père fondateur des arts plastiques modernes au Gabon, Nal-Vad, lui-même sculpteur et peintre de renom, a participé au premier Symposium international de sculpture sur bois qui s’est achevé le 10 août 2012 à Libreville. Sa pièce, «Chemical Syster», a été très remarquée. Rencontre furtive et laconique.

Nal-Vad, sculpteur et peintre de renom, a participé au premier Symposium international de sculpture sur bois qui s’est achevé le 10 août 2012 à Libreville - François Ndjimbi/Gabonreview.com

Quelle carte de visite déclinez-vous le plus rapidement possible ?

David Allainmat, dit Nal-Vad de mon nom d’artiste. Franco-gabonais. Voilà !

Comment avez-vous eu vent de ce symposium ?

Justement par Internet, puisque je crois que travaillez de ce côté-là. C’est mon épouse qui m’a indiqué l’annonce en m’encourageant à m’engager si cela m’intéressait. Elle s’est donc prise au jeu, on a fait le dossier et on a été retenus.

Quelle explication pouvez-vous donner de l’œuvre que vous avez réalisé pour ce symposium ?

Il faut dire déjà que le sujet du symposium était «la rencontre». Alors symboliquement parlant, quoi de mieux qu’une femme pour une rencontre ? Je crois que ça tombait tout à fait dans le sujet et puis, j’ai un peu déroulé ce que je sais faire. Parce que, sur dix jours de séminaire, il était un peu compliqué de réinventer toute une statuaire, du moins d’oser pousser du côté de la créativité. Donc, j’ai un peu fait ce que je fais dans l’atelier depuis une vingtaine d’années.

Chemical Syster, l'œuvre et l'artiste - © François Ndjimbi/Gabonreview.comVotre œuvre s’intitule «Chemical Syster», à quoi cela peut-il donc renvoyer ?

J’aime bien cette espèce de jeu avec les titres qui parfois n’ont rien à voir avec l’œuvre elle-même. Mais en plus de ça, je dirais que… Allez ! je vais être un peu macho ! Je dirais que la femme c’est quelque chose de très chimique (rires). Petite anecdote, j’ai appris que le bois qui m’a servi de matériau peut devenir un poison lorsqu’on le fait concocter dans l’eau. Donc, voyez, c’est assez marrant, la vie nous amène comme ça sur des trucs… alors «Chemical Syster», le titre était déjà tout trouvé.

On remarque qu’elle est rebondie, qu’elle a des tatouages, des seins en obus. C’est votre modèle schématique de la femme ?

C’est surtout la symbolique extrême de la femme mature dans toutes ses formes généreuses. Donc peut-être la future mère, puisque souvent on me demande si elle est enceinte. Je dis, pas spécialement, mais voilà ça symbolise tout ça. Après le rencontre qu’est-ce qui se passe ? Ben, il y a les enfants derrière (rires).

On voit également qu’elle a des comme des pansements métalliques, ça renvoi aussi à quelque chose, ça ?

Ça renvoi surtout là à toutes les réparations qui sont faites sur les statuaires traditionnelles, les vielles statues. Souvent pour les faire vivre, vivre et revivre, elles sont souvent arrangées. Ces clips c’est souvent pour empêcher le bois de se fendre, des choses comme ça. Je m’amuse, depuis une vingtaine d’années que je sculpte, avec justement, le bois qui se fend et tout cela. Voilà.

Votre nom fait penser à un célèbre sculpteur et designer gabonais, auteur du monument aux morts qu’on voit sur la place de l’indépendance à Libreville. Y a-t-il un lien, une filiation ?

Effectivement, la filiation est directe. C’était mon père, Monsieur Allainmat Basile. Quand j’arrive au Gabon, j’aime bien ne pas être confondu. C’est pour ça que j’ai changé de nom quand je me suis mis à travailler, que j’ai pris le nom Breton qui est Nal-Vad, qui veut dire «aller bien ou va bien». Comme ça je me démarquais un peu de mon papa.

Vous a-t-il influencé ?

Non, il ne m’a pas influencé. Enfin, peut-être, sans en être vraiment conscient. En tous cas, il m’a laissé entièrement libre, du choix de mes études. Donc très vite, ça été les Beaux arts et compagnie. Donc, on va dire un cancre au lycée et ailleurs, c’est la seule chose (Rires)

NDLR : Sur ce, le Premier ministre, Raymond Ndong Sima arrive devant «Chemical Syster», Nal-Vad doit répondre à ses questions et l’interview prend fin.