Selon l’Office central de lutte anti-drogue (Oclad), ce sont 5 952 comprimés de Tramadol, un produit pharmaceutique dont l’usage a été détourné, qui ont été saisis l’an dernier chez des détaillants illégaux et sur de jeunes consommateurs.

En 2017, près de 5 952 comprimés de Tramadol ont été saisis par l’Oclad. © tienda.foyel.com

 

Le Tramadol, on n’a pas fini d’en parler. L’antidouleur développé par la firme allemande Grünenthal GmbH a acquis une telle cote au Gabon, particulièrement auprès des jeunes, qu’il en devient un problème de santé et de sécurité publiques. Preuve que ce produit pharmaceutique dont l’usage a été détourné bénéficie d’une certaine popularité : mardi 23 janvier sur la télévision publique Gabon 1ère, l’Oclad a informé que «près de 5 952 comprimés de Tramadol» ont été saisis en 2017.

Si le colonel Jean Claude Essandji, a indiqué que le «phénomène prend de l’ampleur», le directeur général de l’Oclad et ses éléments ne doutent pas que la consommation de ces produits rebaptisés «Kobolo» est en passe de déclasser la consommation d’alcool dans le pays. Selon les différentes qualités sur le marché tenu par des revendeurs illégaux, les Tramadol seraient plus accessibles par leur prix (à partir de 300 francs le comprimé) et auraient un effet plus immédiat que les boissons alcoolisées les plus consommées, à l’instar de la Regab (bière du Gabon). Leur effet mettrait plus de temps chez le consommateur.

Des pharmaciens et professionnels de la santé évaluent la puissance du Tramadol de 1/10 à 1/6 par rapport à la morphine. Ses effets dévastateurs ont été particulièrement visibles en milieu scolaire ces derniers mois. Les «Kobolo», selon Marie Louise Rondi, présidente de l’Ordre national des pharmaciens du Gabon, sécrètent les hormones du plaisir, du bonheur et du bien-être.