Ayant «prophétisé» la victoire d’Ali Bongo à la présidentielle d’août 2016, le jeune tradipraticien, animateur de télévision, a été nommé au sein du cabinet du président de la République, au moment où le Conseil des ministres envisage la création d’un Haut conseil national des rites et traditions (HCNRT).

Karim Nziengui, en avril 2017, au stade d’Angondjé, à Akanda. © D.R.

 

Le jour de gloire serait-il arrivé pour Karim Nziengui ? Il semble que oui, répondent certains, prédisant un avenir pour le moins radieux pour ce jeune tradipraticien et animateur à TéléAfrica qui, au plus fort de la campagne électorale avait prédit la victoire d’Ali Bongo à la présidentielle d’août 2016. Cette prédiction, faite en direct sur Kanal 7, avait fait grand bruit et avait fini par faire de son auteur un des principaux acteurs de la phase citoyenne du dialogue national d’Angondjé, organisé des mois plus tard, pour tenter d’apaiser la contestation de la réélection de son «chéval». Plus d’un an après l’élection, Karim Nziengui a été nommé au sein du cabinet du président de la République en qualité de «chargé de missions».

La nomination, vendredi 23 février, du président de l’Association de valorisation de la médecine traditionnelle au Gabon (Vametra) intervient au moment où les autorités envisagent la création du Haut conseil national des rites et traditions. Le HCNRT, présenté comme «un organe consultatif permanent pour l’orientation de la politique nationale sur les rites et traditions», aura pour missions de «déterminer les principes, les structures et les moyens de mise œuvre de la politique nationale sur la préservation, la valorisation et la promotion des rites et traditions ; d’identifier et répertorier l’ensemble des rites et traditions relevant du patrimoine culturel ancestral ; de  proposer toutes mesures susceptibles de préserver et promouvoir la conformité de leur pratique».

En avril 2017, lors de la phase citoyenne du dialogue d’Angondjé, Karim Nziengui et ses compairs avaient appelé les autorités à la création d’un Haut conseil du culte traditionnel, «qui viendrait réguler la corporation et nettoyer un secteur aujourd’hui truffé de charlatans». 10 mois après, le projet de création du HCNRT répondrait-il à cette sollicitation ? Certains répondent par l’affirmative. Mieux, ils pressentent que le président du Réseau des Initiés du Gabon en sera le principal responsable, à moins d’y représenter simplement le président de la République dans le cadre de ses «missions», d’autant que le projet d’ordonnance adopté récemment par le Conseil des ministres prévoie qu’Ali Bongo présidera ladite structure.