Kacky Disco, le militaire à la guitare endiablée, ancien sociétaire du groupe musical composé de soldats, les Codos, vient de terminer une tournée à travers les villes de France qui comptent le plus de Gabonais. Une occasion pour revisiter le parcours (du combattant) de cette Rock star à la gabonaise.

Kacky Disco à Paris - © Kacky Disco

Kacky Disco, dit le King, le catalyseur, le commandant en chef de l’Oriengo, cette danse dont la paternité lui est discutée par des musiciens congolais a dernièrement effectué une tournée en France. Il a notamment joué à l’Alizée de Paris, à Bordeaux, Dijon, Poitiers, Montpellier et Lille. La tournée  a culminé par un show au célèbre Pavillon de Paris. La communauté gabonaise de France s’est donc réjouie de la présence de ce musicien en passe d’entrer vivant dans la légende.

A l’entame de son succès national se trouve la rumeur. Celle-ci grondait et s’était répandue à travers tout le pays : un militaire fait sauter les pistes de danse avec une guitare en guise de fusil. Son nom était déjà tout un programme : Kacky Disco. Guitariste, chanteur, compositeur d’une extraordinaire densité, il est sans conteste la personnalité la plus charismatique apparue sur la scène musicale nationale ces quinze dernières années.

Né le 5 août 1964 à Boussombi par Lébamba, le futur Kacky Disco, Biyamba de son vrai nom, se confectionne, dès l’âge de 8 ans, une guitare à 4 cordes. Très bricoleur et s’inspirant des pochettes de disques, il finit par fabriquer de la même manière une batterie et d’autres guitares. Il crée ainsi sa première formation musicale vers 1978. Ce petit orchestre artisanal devient, vers 1984, les «Itammoniens». Ils animent alors certaines cérémonies dans leur localité.

Lorsqu’il arrive à Libreville, à la faveur d’un recrutement dans l’armée, Kacky Disco tombe des nues : les guitares ont 6 cordes ; il réalise que son bagage musical n’est qu’au point zéro. Il lui faut apprendre. Avec sa première solde, il s’achète une guitare et, pour se former aux côtés de vrais musiciens, il s’engage comme roadie (bagagiste) dans le groupe d’animation Missema. Il fera tour à tour la même chose avec les groupes Bomamè et Moukoga. Dans ce dernier groupe, il apprend la danse et observe méticuleusement le soliste Sita Mbélé pour en reproduire les accords une fois renté chez lui. Il finit par devenir le guitariste d’accompagnement de ce groupe d’animation.

Le destin veut qu’à la faveur d’une formation militaire, Kacky Disco se retrouve au Zaïre (actuelle RDC) en 1989. Il y intègre un orchestre de quartier et améliore sa technique instrumentale. Lorsqu’il revient au Gabon, les groupes d’animation ont cessé d’exister. Il décide alors de monter sa propre formation. Mais, doutant de sa voix, il hésite à chanter. Il se décomplexe en France en 1993 en regardant chanter Jacob Desvarieux. De retour au pays il joue avec Nduma système. Il signe Itsana, le tube de ce groupe en 1994/95. Cette chanson le révèle au public gabonais. Deux ans après, les studios Kage Pro le convient à créer les Codos. Encore une fois ses chansons deviennent des tubes. Notamment Ikoda et Matchui Madiba. Parallèlement aux Codos, il crée en 1998 Mukeka Vision, son propre groupe et publie en 2000 Bia Sala, un album solo dont le titre phare Apindi-Apindi rencontre un vif succès. En 2004, dans Opération Ngéné, album des Codos, il compose  Petit Modèle qui est censuré du fait d’un vidéo clip jugé obscène. Kacky Disco est en effet un promoteur de la danse Oriengo créée par un gabonais dénommé El Matador. Par ailleurs, il entretient la mémoire de Paul-Marie Mounanga, l’un des pionniers de la musique gabonaise moderne dont il a interprété Panza Bitsaka dans le dernier album des Codos.

L’artiste qui a sorti entretemps d’autres albums estime qu’il joue du Maniexe Mode et de l’Ikoda, un genre de zouk local également appelé Bol. La fusion de ces deux rythmes donne le Matsuaka-Matsuaka. Une expression qu’il a fini par ne plus utiliser, préférant se faire appeler le King, le catalyseur, le commandant en chef de l’Oriengo.