Les procureurs fédéraux de Brooklyn ont requis une peine de cinq ans de prison pour le fils de l’ancien Premier ministre gabonais, trempé dans une affaire de pots-de-vin liés au fonds spéculatif new-yorkais Och-Ziff.

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Sous le coup de la justice américaine sur une affaire de pots-de-vin liés au fonds spéculatif Och-Ziff, Samuel Mebiame sera fixé sur sa peine ce 5 mai. En attendant, les procureurs fédéraux de Brooklyn, à New-York, ont requis au moins cinq mois de prison pour le fils de l’ancien Premier ministre qui, en décembre dernier, a admis avoir gagné 7 millions de dollars (plus de 4,2 milliards de FCFA) en aidant une unité de Och-Ziff Capital Management Group à sécuriser des droits miniers en Afrique.

«La corruption a été au cœur des affaires de Mebiame», avait déclaré l’un des procureurs, lors du dépôt d’une plainte, le 28 avril dernier. «Lorsqu’un co-conspirateur lui a demandé d’assister à une formation anticorruption, Mebiame a refusé, en disant : Ça tue ses affaires !», a révélé James Loonam, relayé par bloomberg.com. «Le résultat est que Mebiame a contribué à priver les citoyens de certains des pays les plus pauvres du monde de produits issus de l’exploitation de droits miniers», a ajouté le procureur.

Selon la justice américaine, Samuel Mebiame a notamment versé plus de 4 millions de dollars en pots-de-vin à des fonctionnaires au Niger pour aider l’unité Och-Ziff à gagner des droits d’exploitation d’uranium. Il a également obtenu des cadres supérieurs en Guinée, la réécriture des codes miniers en leur offrant un certain nombre d’avantages.

«Il n’a pas joué un rôle tertiaire», a déclaré James Loonam. «Il a directement arrangé et payé des millions de dollars en pots-de-vin et a été personnellement indemnisé des millions de dollars pour son activité criminelle. Par conséquent, les gouvernements ont corrompus des actifs à la société minière», a poursuivi le procureur.

S’il avait déjà plaidé coupable en décembre dernier, Samuel Mebiame a demandé à être épargné de la prison, invoquant notamment une enfance difficile, son père l’ayant envoyé à l’internat à Paris. Selon son avocat, ses crimes ont été compensés par une histoire de bonnes actions au Gabon et dans d’autres pays africains.

«Mebiame a aidé à négocier la libération de quatre otages français en 2008», a déclaré Larry Krantz, demandant que son client soit condamné aux neuf mois déjà passés en prison. «Sa fille de 13 ans souffrira aussi si son père est emprisonné», a-t-il déclaré.

Selon les États-Unis les pratiques de corruption de Samuel Mebiame lui ont permis d’acheter un manoir à Miami, de 13,5 millions de dollars, et un appartement à Paris. Dans le cadre de son accord de plaidoyer avec les États-Unis, Mebiame a accepté de ne pas interjeter appel d’une peine de prison de cinq ans ou moins lorsqu’il a été condamné. Vu la gravité des charges retenues contre lui, rien ne laisse penser qu’il échappera à cette peine de cinq ans de prison.