L’ancien président du Tchad a été condamné, le 30 mai dernier, à la perpétuité par les Chambres africaines extraordinaires, qui l’ont reconnu coupable des crimes commis de 1982 à 1990, pendant qu’il était au pouvoir.

Hissène Habré, la main levée. © magazine-charilogone.over-blog.com

Hissène Habré, la main levée. © magazine-charilogone.over-blog.com

 

Le procès de l’ancien président tchadien, ouvert le 20 juillet 2015, a livré son verdict le 30 mai 2016, après 56 jours d’audience, marqués par un ballet de 93 témoins. Les Chambres africaines extraordinaires (CAE), établies au sein du système judiciaire sénégalais, l’ont reconnu coupable au terme d’un réquisitoire d’environ sept heures. Hissein Habré écope d’une perpétuité pour crimes de tortures, homicides volontaires, crimes contre l’humanité, viols, esclavage sexuel, crimes de guerre, traitements inhumains et, enlèvements suivis de tortures.

Les trois avocats commis d’office pour sa défense ont réclamé son acquittement pur et simple. En leur entendement, il n’y a pas eu crimes contre l’humanité, ni actes de torture, encore moins crimes de guerre. Leur client aurait montré, en dirigeant le Tchad de juin 1982 à décembre 1990, qu’il est un «vrai patriote».

Selon les dispositions des CAE, Hissein Habré purgera sa peine au Cap Manuel. Il dispose, selon le juge Gberdao Gustave Kam, de 15 jours pour faire appel de la décision. Une nouvelle audience portant sur les dédommagements auxquels auraient droit quelques 4 000 plaignants aura lieu dans les prochains jours.