Le Syndicat national des magistrats gabonais (Synamag) a décidé le 17 mai 2017, conformément à son assemblée générale ordinaire du 11 du même mois, d’entrer en grève illimité avec service minimum limité à certaines tâches, sur l’ensemble du territoire.

Germain Nguema Ella, président du Synamag, le 12 juillet 2016. © Gabonreview

 

Le syndicat national des magistrats gabonais a décidé, le 17 mai dernier au palais de justice de Libreville, d’une reprise du mouvement de grève générale, suspendu depuis un trimestre. La décision de paralyser l’appareil judiciaire sur l’ensemble du pays, découle de l’attitude d’indifférence affichée par la tutelle face à leurs revendications.

«Plus d’un mois après l’échéancier convenu, le Synamag ne note malheureusement aucune avancée concrète dans le traitement de ces dossiers et regrette la légèreté sinon la désinvolture avec laquelle ces questions ont été abordés par le gouvernement», a déploré le président du Synamag, Germain Nguema Ella, estimant que la tolérance des juristes syndiqués semble avoir été prise pour une faiblesse.

Afin que leur exaspération se fasse mieux ressentir et que leur impartialité ne se transforme «plus» en arme dirigée contre eux-mêmes, les membres du Synamag ont décidé de la suspension du travail, avec un service minimum limité aux audiences en cabinets et délibérations. «Pendant cette période de grève, aucune juridiction ne tiendra des audiences publiques», a précisé Germain Nguema Ella.

Pour ce qui concerne l’ordre judiciaire, le service minimum est limité à l’examen des dossiers mis en délibéré. Les parquets de la République et les cabinets d’instruction ne traiteront que des nouvelles procédures pénales, des prolongations de la détention préventive, des démarches de mise en liberté.

S’agissant de l’ordre administratif, du tribunal administratif de Libreville, de la Cour d’appel administrative, seule l’instruction des dossiers en cabinet va continuer. Tandis que dans l’ordre financier, le service minimum est limité et porte sur les délibérations des dossiers mis en délibéré, l’instruction en cabinet, les chambres de conseil et les conseils de direction.

«Tout au long de la période d’arrêt de travail, un piquet sera observé par tous les magistrats au palais de justice de chaque ville. Toutefois, pour le cas précis de Libreville, les piquets de grève se tiendront chaque mardi et jeudi à l’immeuble de batterie IV, Conseil d’État, cour des Comptes, tribunal administratif, cour d’appel administratif, ministère de la Justice», a indiqué le président du Synamag. «Nous estimons que la poursuite de la grève ne met pas un terme aux discussions et négociations avec la tutelle. Nous sommes donc ouverts et attendons ces discussion», a conclu Germain Nguema Ella.