Le 28 novembre à Libreville, le Syndicat national des magistrats du Gabon (Synamag) a accordé un délai de 15 jours au Conseil supérieur de la magistrature (CSM) pour régulariser les décisions issues de sa séance du 7 septembre.

Le Synamag accorde quinze jours au Conseil supérieur de la magistrature afin de régulariser les décisions contestées du 7 septembre dernier. © Gabonreview

 

15 jours ! C’est le délai accordé au Conseil supérieur de la magistrature (CSM) par le Syndicat national des magistrats du Gabon (Synamag), pour rectifier le tir par rapport aux décisions issue de la séance du 7 septembre dernier à Libreville. Des décisions contestées par le syndicat des magistrats.

«Au terme de ce délai, le bureau exécutif du Synamag se réserve le droit de convoquer une assemblée générale pour la reconduite de la grève et l’organisation d’une marche de protestation», a prévenu le président du Synamag, Germain Ella Nguema, le 28 novembre à Libreville.

En effet, le Synamag regrette le non-respect de la parole donnée par le ministre de la Justice au sujet de la satisfaction des points de revendications de leur dernière grève, avant la rentrée judiciaire 2017-2018. À ce mécontentement s’ajoute les nominations, promotions et affectations issues du dernier CSM qualifiées d’illégales et d’irrégulières.

«Laisser passer toutes ces incongruités et manœuvres malveillantes sous silence, auxquelles se livrent depuis un moment le CSM et la chancellerie, feront de nous des complices. Le Synamag est résolument engagé à défendre quoiqu’il lui en coûte, l’indépendance de la justice et le respect du principe de la séparation des pouvoirs consacrés par notre constitution», a assuré le président du Synamag.

Dans le même élan, ce dernier a déploré le fait que le CSM s’est «détourné» du strict respect de l’article 69 de la Constitution gabonais. Ledit texte dispose en effet que «l’autorité judiciaire est exercée par le Conseil supérieur de la magistrature qui veille à la bonne administration de la justice et statue de ce fait sur les nominations, les affectations, les avancements et la discipline des magistrats».

Pour le Synamag, le CSM est devenu un instrument au service du politique, qui entend prendre la justice en otage afin de satisfaire certains égos et régler des comptes à certains acteurs. «À l’évidence, le pouvoir exécutif s’immisce de plus en plus dans le fonctionnement de la justice. La formation des magistrats, la gestion de leur carrière et la composition du CSM sont autant d’éléments soumis à l’appréciation de l’exécutif», a souligné Germain Ella Nguema. Rendez-vous dans 15 jours.