La rentrée du Syndicat national des magistrats du Gabon (Synamag) est prévue le 23 novembre à Libreville avec, en toile de fond, les dénonciations du «tripatouillage» du procès-verbal du dernier Conseil supérieur de la magistrature (CSM).

Des membres du Synamag lors d’un mouvement d’humeur à Libreville. © Gabonreview

 

Prévue le 23 novembre à Libreville, la reprise des activités du Syndicat national des magistrats du Gabon (Synamag) promet des étincelles. Une rentrée au cours de laquelle le syndicat entend dénoncer le «tripatouillage» du procès-verbal du dernier Conseil supérieur de la magistrature (CSM), organisé le 7 septembre à Libreville.

Parmi les récriminations, figure le «retrait du nom d’une magistrate décédée et affectée à Mouila, dans le décret portant nominations des magistrats au sein des cours et tribunaux, ainsi que l’administration centrale», a confié le président du Synamag à l’hebdomadaire La Loupe du 21 novembre. Selon Germain Nguema Ella, pour se conformer au parallélisme des formes en la matière, «il aurait fallu qu’un nouveau conseil se réunisse pour retirer ce nom».

Un cas de «tripatouillage» loin d’être isolé, a déploré le syndicat ayant déjà interpelé le président du CSM (Ali Bongo) à ce sujet. «Nous avons saisi au cours du mois d’octobre, le président de l’instance administrative et disciplinaire des magistrats qu’est le CSM, pour dénoncer ses pratiques», a rappelé Germain Nguema Ella. «Au nom de qui des individus peuvent-ils se substituer à un conseil dont les prérogatives et les missions sont encadrées par la loi», a interrogé le président du Synamag.

Le syndicat est d’autant plus remonté par le fait que ces «tripatouillages» ont été orchestrés par des magistrats. Ce qui est d’autant plus accablant pour le CSM, organe disciplinaire et administrative censé garantir une justice indépendante et des procès équitables. Aurait-il sombré dans l’inversion de principes ?

«C’est vraiment déplorable que des fonctionnaires dont la probité ne devrait pas être entachée par les bassesses de ce genre se réduisent à pratiquer encore un peu plus le discrédit sur la justice gabonaise, dont les justiciables ont du mal à croire. Maintenant, ce sera nous-mêmes les magistrats qui sommes amenés à douter du CSM», a déploré Germain Nguema Ella.

Au-delà des recours relatifs au CSM, la rentrée du Synamag fera également le compte rendu des négociations avec la tutelle sur les points de revendication. Le syndicat dénoncera par ailleurs la nomination du chancelier (secrétaire général du ministère de la Justice et de ses adjoints en conseil des ministres, en violation des «dispositions légales et réglementaires régissant le statut des magistrats et le fonctionnement de la justice». Voilà qui promet…