Au cours d’un point presse tenu le 8 février à Libreville, le Syndicat national des greffiers (Synagref) a indiqué que le gouvernement n’a résolu aucun des points inscrits dans leur cahier des charges. La situation pourrait déboucher sur une grève illimitée. Une assemblée générale a été convoquée pour le 20 février à Libreville.

Le président du Syndicat national des greffiers, Georges Boupenga et ses
collaborateurs lors de la déclaration Libreville, le 7 février 2018. ©
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À la suite du Syndicat national des magistrats, (Synamag), le Syndicat national des greffiers (Synagref) a rompu le silence sur les maux qui minent la justice gabonaise. A l’occasion d’un point presse tenu le 8 février à Libreville, les greffiers sont particulièrement revenus sur les principaux points de leurs revendications : le statut particulier, la carte professionnelle, les salaires de la promotion 2017 et les toges des greffiers de la Cour d’appel.

En ce qui concerne le projet de loi portant statut particulier des greffiers, le «Synagref n’a aucune visibilité et informations sur la situation réelle de cette loi, en dépit des nombreuses réunions tenues depuis huit mois avec la tutelle». L’horizon est également sombre pour «200 fonctionnaires greffiers, partant de l’année 214-2015, privés de ce document (carte professionnelle) qui leur permet de s’identifier dans l’exercice de leur fonction».

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S’agissant des salaires de la promotion 2017, «60 greffiers repartis sur l’ensemble du territoire national ont accumulé sept mois sans solde depuis leur prestation de serment en 2017».

Le Synagref désapprouve l’absence d’équité dans la distribution de toges des greffiers de Cours d’appels. En effet, ils disent avoir été «surpris de constater que lors de la distribution de toges, seules les Cours d’appels de Port-Gentil ont reçu en intégralité leurs robes. Au détriment des Cours d’appels de Franceville, Mouila et Oyem».

Les greffiers ont également abordé la situation du tribunal de Makokou et les agissements du 1er président de la Cour d’appel judiciaire de Libreville.

Les greffiers ont noté avec amertume que depuis l’année judicaire 2017-2018 «Paulette Akoly, 1erprésident de la Cour d’appel judicaire de Libreville, ne cesse de s’immiscer dans l’administration des greffes. Mieux, elle s’octroie les prérogatives du ministre de la Justice par la prise des ordonnances portant affectations, mutations et nominations des greffiers».

Pour preuve, ajoutent-ils, «elle a nommé un greffier en chef adjoint ayant les mêmes attributions que le greffier actuel».

Les greffiers sont également remontés contre le procureur de la République près le tribunal de Makokou, Dany Kama. Selon le Synagref, cette dernière «s’est illustrée par l’interpellation arbitraire de leur collègue Me Fabrice Mbandza par les agents de la direction générale de la recherche (DGR) dans l’Ogooué-Ivindo et aux affiches contenant des propos diffamatoires et désobligeant à l’endroit des greffiers».

Face à cette situation chaotique, les greffiers pourraient emboiter le pas au Synamag, en décrétant une grève illimitée. Mais tout cela sera déterminé le 20 février lors de l’assemblée générale.

Auteur : Jean-Thimothé Kanganga