À l’issue de son audition au tribunal de première instance de Libreville, ce 12 janvier à Libreville, l’ancien du ministre de Pétrole a été placé sous mandat de dépôt à la prison centrale de la ville. Il serait coupable de malversations financières autour de la construction de barrages hydroélectriques et d’un bras de fer avec Addax Petroleum.

Etienne Ngoubou. © gettyimages.ca

 

Les évènements se sont enchainés autour de l’ancien ministre du Pétrole. Étienne Ngoubou a été, de sources concordantes, placé sous mandat de dépôt ce 12 janvier à Libreville. Il passe ainsi sa première nuit à Sans-Famille, le pénitencier de Libreville. Le 9 janvier, en effet, l’ancien ministre a été débarqué du gouvernement, 48 heures avant d’être entendu par les services de la Direction générale de recherche (DGR) où il a passé la nuit précédente.

Ce 12 janvier en début d’après-midi, Étienne Ngoubou est arrivé au tribunal de Libreville où il a été convoqué en première instance. Plusieurs photos de son arrivée au tribunal dans une tenue décontractée ont circulé et largement été commentées sur les réseaux sociaux. Selon une source judiciaire, l’ancien membre du gouvernement aurait été auditionné par le procureur de la République, avant d’être entendu par le juge d’instruction qui a ensuite délivré un mandat de dépôt ordonnant son incarcération.

Raisons plausibles

Tout comme Magloire Ngambia, un autre ancien ministre emprisonné 48 heures plus tôt, Étienne Ngoubou serait poursuivi pour malversations financières. À ce sujet, de nombreuses sources évoquent des entourloupettes financières autour du bras de fer ayant opposé l’Etat gabonais à Addax Petroleum, filiale du géant chinois Sinopec, entre 2012 et 2013. L’Etat gabonais, à travers sa société nationale, Gabon oil company, avait en effet réquisitionné en décembre 2012, gendarmes à l’appui, le permis Obangué exploité par la compagnie pétrolière et y avait opéré un bon moment avant qu’un gentlemen’s agreement ne soit trouvé. Mais, en arrière-boutique, qu’est-ce que cela aura coûté au pays et qu’est-ce qui aura été empoché au passage ?

D’autres soutiennent que les tribulations d’Étienne Ngoubou ont un lien avec le projet construction du barrage hydroélectrique FE 2 (Mitzic) et de celui de la Ngounié sur les chutes de l´Impératrice Eugénie, par la Compagnie de développement des énergies renouvelables (Coder Gabon). L’on se souvient en effet que malgré le refus du président de la République, cette société avait été sommée par Étienne Ngoubou, qui y avait fait débarquer des gendarmes, de quitter les chantiers du fait de l’arrêt sans cesse des travaux. L’entreprise pour sa part se plaignait du non-décaissement des fonds par la partie gabonaise. 700 milliards de francs CFA devraient être versés à cette entreprise  en cas de résiliation, par l´Etat gabonais, du contrat les liant. Et l’on se souvient que pour aider le Gabon à réaliser ce projet, la Banque africaine de développement (Bad) avait accordé au Gabon un prêt senior de 57,5 millions d´euros en juillet 2012. Le projet n’est jamais arrivé à terme.

Il reste que ces suppositions, entendues dans les couloirs du tribunal de Libreville, soient confirmées. On n’en saura sans doute un peu plus au terme de la conférence de presse qu’entendent donner tout prochainement les parents de Magloire Ngambia, qui pourraient être rejoints par ceux de Ngoubou et certainement par leurs avocats respectifs.

L’on se demande, par ailleurs, si ce mouvement de débusquement des «détourneurs» de deniers publics s’étendra au-delà du giron gouvernemental. Les populations espèrent, en effet, que dans la foulée de ces deux arrestations d’autres têtes tomberont ; notamment dans les affaires de malversations non élucidées à ce jour, à l’instar de La Poste SA ou BSARL. Ali Bongo ira-t-il jusqu’au bout de sa logique ?