Jules Aristide Bourdes Ogouliguende est décédé, ce 26 mars 2018, à la polyclinique Chambrier à Libreville. Selon des sources de l’opposition dignes de foi, le leader du Congrès pour la démocratie et la justice (CDJ), a été opéré, pour la troisième fois de sa vie, pour une occlusion intestinale hier de 11h à 19h. «Il ne s’est plus jamais réveillé», indique-t-on.

Jules Aristide Bourdes Ogouliguende, président du Congrès pour la démocratie et la justice (CDJ). © D.R.

 

Président du Congrès pour la démocratie et la justice (CDJ), Aristide Bourdes-Ogouliguendé est décédé le 26 mars à la clinique Chambrier à Libreville. Selon des sources proches, il subissait pour la troisième fois une intervention chirurgicale relative à une occlusion intestinale, 24 heures plus tôt. Selon les sources médicales de la clinique, son âge avancé a joué en sa défaveur.

Agé de 80 ans, ancien baron du régime passé dans l’opposition au début des années 90, Aristide Bourdes-Ogouliguendé a été le premier président de l’Assemblée nationale de l’ère post-moniste.

Le président du CDJ est apparu pour la dernière fois en public au cours de la sortie, le 16 mars à Libreville, de la plateforme dénommée «Le cercle des notables de la République», aux côtés de Paul Malekou, Louis-Gaston Mayila, Paul Mba Abessole, David Mbadinga et Richard Moulomba Mombo. Ces personnalités avaient appelé à la réconciliation nationale pour éviter que le pays ne bascule dans la «guerre civile».

Né le 28 février 1938 à Libreville, juriste de formation, Jules-Aristide Bourdes-Ogouliguendé a occupé plusieurs fonctions au sein du gouvernement. C’est en 1976 qu’il entre au gouvernement en tant que ministre de la Fonction publique. Deux ans plus tard, en 1978, il est nommé ministre de la Fonction publique et de la Justice.

Il entre au Bureau politique du Parti démocratique gabonais (PDG) en 1979. Et poursuit son parcours au gouvernement. Il est promu ministre d’Etat pour l’Emploi en 1981, puis ministre d’État à l’Éducation supérieure, la Recherche et l’Environnement en 1983.

Candidat du PDG aux élections législatives de 1990, il est élu est rentre au Parlement où il sera également élu président de l’Assemblée nationale, le 20 novembre la même année.

Accusé de laisser voter certaines lois défavorables au pouvoir et d’accorder des facilités à l’opposition, il est sournoisement voué aux gémonies, notamment à travers un mémorable billet Makaya du quotidien L’Union, se terminant par «Laisse le bœuf courir, la balle est derrière». Ceci l’amène à l’exaspération. Estimant que les mentalités étaient loin de changer au PDG alors qu’on était désormais à l’ère du multipartisme, il démissionne donc du parti au pouvoir en janvier 1993 et perd par la même occasion son mandat à l’Assemblée nationale, en avril de la même année.

Passé à l’opposition, Jules Aristide Bourdes-Ogouliguendé deviendra l’un des animateurs de ce camp politique à travers sa formation politique dont il sera le candidat à la présidentielle de 1993. Jusqu’à son dernier souffle, il aura milité pour l’émergence d’un  Gabon prospère, adossé à l’Etat de droit. C’est un brillant sujet, un politique clairvoyant, un patriote chevronné, qui quitte la scène.