Rendue public le 16 mars, la liste des Panthères devant défier la Thaïlande, le 22 mars à Bangkok, est très critiquée. Au-delà, l’attitude de José Antonio Camacho qui a transmis sa liste à la fédération par mail, depuis l’Espagne, pose également problème.

Le sélectionneur national (à gauche) est très critiqué pour ses choix et son attitude. © Gabonreview

 

Dans le cadre de King’s Cup, à Bangkok, le Gabon défiera le pays hôte le 22 mars prochain. Pour cette rencontre, la Fédération gabonaise de football (Fegafoot) a publié dans la plus grande discrétion, le 16 mars, la liste des joueurs retenus par José Antonio Camacho pour ce match face à la Thaïlande. Un groupe élargi à 27 joueurs, très critiqué par la presse sportive et les observateurs du ballon rond.

A la surprise générale, en effet, la sélection gabonaise compte pas moins de 11 défenseurs et une pléthore de joueurs de D3 et D4. Mais également, des joueurs en manque de temps de jeu dans leurs clubs respectifs. A l’instar du défenseur Yrondu Musavu King ou du latéral Frédéric Bulot, qui sort d’une convalescence de deux ans. Sans oublier la non convocation de joueurs en pleine bourre, à l’image du milieu de terrain Guelor Kanga, auteur de six buts et sept passes décisives cette saison avec le Sparta Prague (D1 tchèque).

Une composition d’équipe ayant fait ressurgir l’hypothèse selon laquelle le sélectionneur n’a pas les coudées dans la composition de son groupe. Autre élément faisant jaser : les conditions de publication du groupe des Panthères. Selon plusieurs sources, en effet, José Antonio Camacho, en Espagne depuis novembre 2017, a transmis sa liste à Fégafoot par mail. Une véritable aberration à en croire un consultant sportif ayant requis l’anonymat. «Cette démarche est anormale et irrespectueuse. Comme le veut la tradition José Antonio Camacho aurait du être à Libreville, et annoncer son groupe à la faveur d’une conférence de presse», a-t-il estimé.

Si certains pensent que le sélectionneur ne voulait pas faire le déplacement à Libreville, le match se jouant en Thaïlande, d’autres en revanche soutiennent que le technicien voulait simplement éviter les questions autour de la composition de son groupe. Tout comme la fédération, qui s’est contentée de publier la liste via sa page Facebook. Alors que l’adjoint de José Antonio Camacho, ou encore le Directeur technique national (DTN), aurait pu se s’entretenir avec la presse sur les choix du sélectionneur.

Par ailleurs, si l’attitude du sélectionneur du Gabon est loin d’être excusable, elle serait totalement justifiée. Beaucoup plus modérés, en effet, certains observateurs justifient l’attitude de José Antonio Camacho par les huit mois d’arriérés de salaires dus par l’Etat gabonais. Un salaire qui, prétendent certains, avoisine les 45 millions de francs mensuels. Dans tous les cas, cette atmosphère remet une nouvelle fois au goût du jour le mal profond rongeant la sélection nationale. Une gangrène qui, malheureusement, semble s’étendre au-delà de l’aspect purement sportif.