En raison des doutes pesant sur la légitimité de son président, le Gabon aurait perdu sa crédibilité au niveau international. Spécialiste en géopolitique, membre du directoire de Démocratie nouvelle, Jonathan Ndoutoume Ngome voit dans le dialogue national une façon pour le pays de retrouver du crédit aux yeux de ses partenaires internationaux.

Jonathan Ndoutoume Ngome, en août 2015 à Libreville. © D.R.

 

Le Gabon aurait beaucoup à gagner à retrouver sa crédibilité auprès de ses partenaires internationaux, s’il aspire véritablement à atteindre l’émergence souhaitée depuis l’arrivée d’Ali Bongo au pouvoir. C’est ce que suggère Jonathan Ndoutoume Ngome aux autorités de ce pays. Selon ce spécialiste en géopolitique, membre du directoire de Démocratie nouvelle (DN), le Gabon a perdu beaucoup de sa superbe ces derniers mois. Et la résolution du Parlement européen sur la «crise de l’Etat de droit au Gabon», n’était pas pour donner des points ni au pays ni à sa première autorité. Bien au contraire.

«Le Gabon est, aujourd’hui, la risée du monde, à partir du moment où sa première autorité, désignée vainqueur de l’élection présidentielle, fait l’objet d’une contestation sur le plan international, notamment au niveau de l’Union européenne», a estimé le week-end écoulé cet enseignant de l’Université Omar Bongo (Libreville). Si pour Jonathan Ndoutoume les doutes des eurodéputés «portent un sérieux discrédit quant à la fiabilité des institutions gabonaises», ceux-ci ne suggèrent pas moins que des mesures soient prises pour que l’Etat de droit soit restauré. Pour ce faire, et conformément à la position de son parti politique, le porte-parole de DN a brandi une nouvelle fois le dialogue national appelé par Ali Bongo comme «la solution». D’autant que la résolution de l’UE, selon lui, «oblige et affaiblit les faucons des deux côtés».

Et si une partie de l’opposition, notamment celle représentée par Jean Ping et ses soutiens, ne croit pas en ce dialogue et perçoit déjà la résolution du Parlement européen comme une «victoire», le géo-politologue estime qu’il s’agit d’une faute. Le refus de sa participation au dialogue appelé par le président de la République révèle, selon lui, une inquiétude de la part des ceux opposés à la négociation. En raison de leur âge, certains d’entre eux ne verraient pas d’un bon œil les mesures qui pourraient découler de ces assises. «Certains sont au crépuscule de leur vie politique, donc ça ne leur dit plus rien. Ils n’ont visiblement plus espoir en des textes qui dessinent l’avenir du Gabon. Ils veulent le pouvoir ici et maintenant. Or, que nous soyons du côté du pouvoir ou de l’opposition, ces extrémismes sont contrecarrés par la résolution du Parlement européen», a analysé l’enseignant.