La semaine dernière, il n’a certainement pas échappé aux lecteurs du magazine Jeune Afrique (JA) que cet hebdomadaire international est désormais en kiosque sous une nouvelle formule. «Jeune Afrique change, mais reste fidèle à lui-même», a écrit son Directeur, Marwane Ben Yahmed.

Capture d’écran des deux derniers numéros de la nouvelle formule de Jeune Afrique. © Gabonreview

 

Le numéro 2976 du 21 au 27 janvier 2018 de Jeune Afrique était résolument différent la semaine dernière. Ceux qui le découvraient ont réalisé qu’ils avaient en main un magazine «nouvelle formule». L’expression est de Marwane Ben Yahmed, le directeur de la publication, dans un éditorial explicatif sur la nécessité de ce changement.

Dans un monde en proie à une évolution technologique tout azimut et à une circulation supersonnique de l’information, JA a décidé de s’ancrer dans l’époque en mouvement et son contexte. L’hebdomadire entend surtout apporter un «remède contre l’infobésité, voire la mauvaise information et les fake news». Marwane Ben Yahmed s’en explique : «Nous vivons une époque à la fois passionnante et inquiétante. Transparente parce que l’on sait (presque) tout, tout de suite, et en même temps nébuleuse, parce qu’on peine à prendre la mesure des changements de tous ordres – politique, économique, sociétal, technologique- dont elle est le théâtre. On peine à discerner où va le monde».

Dans ce contexte, la mission du titre panafricain est donc de fournir à ses lecteurs les armes intellectuelles indispensables à la compréhension de l’actualité et des mouvements en devenir. «Pour se nourrir de l’événement, sans être dévoré par l’actualité», assure Marwane Ben Yahmed.

L’objectif de cette nouvelle formule est donc d’offrir aux lecteurs une meilleure lecture du présent et de l’avenir. «Cela suppose de prendre du recul, de développer l’analyse que nous tirons des faits et donc d’accorder la place nécessaire au traitement intelligent des sujets retenus, («L’enquête», notre nouvelle section mensuelle consacrée à de grands sujets panafricains ou régionaux en commençant, cette semaine, par l’éducation)», indique le directeur de Jeune Afrique, l’un des plus anciens titres africains.

Le nouveau JA veut ainsi proposer plus d’informations exclusives (avec, entre autres, le développement de la section «Confidentiel»), plus d’opinions et de débats. Mais aussi ouvrir ses colonnes à de nouveaux chroniqueurs (la rubrique «Esprits libres»), qui mettront au service des lecteurs leurs expertises reconnues et leurs plumes acérées.  Il entend renouveler les modes de traitement et les rubriques («Projecteurs»). Mais également étoffer et revoir de fond en comble la section «Économie», qui s’efforcera chaque semaine de décrypter le monde des entreprises africaines et leurs acteurs.

Le responsable de la publication précise encore : «Last but not least, la section «Culture(s)», elle aussi remodelée, lèvera le voile sur ce qui fait aussi la richesse de l’Afrique: les arts et la littérature. Sans oublier nos styles de vie et leurs évolutions, les phénomènes de société, les modes de consommation, le voyage… Que nos lecteurs les plus anciens et les plus assidus se rassurent : Jeune Afrique change, mais reste fidèle à lui-même».

Au final, avec cette nouvelle formule, JA change, certainement. Mais il garde son ADN qui demeure le même que lors de sa création, il y a cinquante-huit ans. Lutter contre l’ignorance, l’immobilisme et les conservatismes de toute nature ; promouvoir à l’inverse le progrès et l’intelligence, la démocratie et l’émancipation. Tel est le crédo de cet hebdomadaire qui, loin des prismes déformants, s’attache à décrypter l’Afrique telle qu’elle est réellement et telle que les Africains eux-mêmes la perçoivent.