Le principal opposant au régime d’Ali Bongo qui rentre d’un périple à travers plusieurs villes d’Europe se dit très proche du but, celui d’accéder au pouvoir détenu par Ali Bongo, l’élu controversé de la présidentielle d’août 2016.

Jean Ping estime que le bout du tunnel est proche. © Gabonreview

 

Ses partisans sont venus en grand nombre. © Gabonreview

Absent de Libreville pendant plusieurs jours pour convaincre ses «prestigieux interlocuteurs» de l’opportunité d’ouvrir une médiation en vue d’une passation pacifique du pouvoir, Jean Ping a révélé mardi 25 juillet, à son quartier général des Charbonnages à Libreville, que son message n’est pas tombé dans les oreilles de sourds.

«Vous me pardonnerez de ne pas vous dévoiler ici et maintenant les résultats de cette mission. Tout ce que je peux vous dire, c’est que ce message porté jusqu’à un niveau insoupçonnable a été reçu cinq sur cinq et la terre promise est proche, très proche», a-t-il assuré.

Pour lui, la situation de blocage politique dans laquelle le pays est englué fait nécessairement appel à l’intervention de ces différents pays disposant d’intérêts au Gabon. «Voilà pourquoi, ils vont mettre tout en œuvre pour faire entendre raison à celui qui bouche notre horizon, afin qu’il quitte le pouvoir. Et je crois que ce message lui est bien parvenu», a-t-il indiqué, soulignant que la «communauté internationale est en train de nous aider sérieusement. Mais comme le dit le dicton, ‘’aide-toi et le ciel t’aidera !’’. La communauté internationale ne viendra pas libérer le Gabon à notre place», a confié Jean Ping.

L’ancien président de l’Union africaine en a profité pour réitérer son ambition de travailler avec tout le monde, ce qui serait un pas inévitable vers la nécessaire réconciliation nationale à laquelle les Gabonais aspirent. Il a invité de ce fait ceux qui hésitent sur la voie à suivre, plus singulièrement les forces de défenses et de sécurité, à s’associer à l’aspiration commune «de relever le pays», plutôt que de s’inviter dans la violence qui, a-t-il dit, ne mènera nulle part.

«Je suis un homme de paix, je ne suis pas un va-t-en guerre. J’ai passé une bonne partie de ma carrière à réconcilier et à rechercher la paix à travers notre continent. Je connais donc bien les ravages que causent souvent les guerres pour le pouvoir», a-t-il affirmé.

Ce qui guide sa démarche, a soutenu Jean Ping, c’est l’ardent désir du peuple de sortir du cycle infernal d’«élections truqués, violences et massacres des populations, faux dialogue national et partage de postes entre l’usurpateur et celui qui a réellement gagné l’élection», a-t-il précisé, se défendant de faire la chasse aux sorcières une fois au pouvoir.

Sur l’aspect concernant la proposition faite par plusieurs acteurs politiques d’écarter Jean Ping et Ali Bongo du chapitre de la gestion du pays, dans l’optique de sortir de ce blocage politique, le leader de l’opposition a exhorté le peuple à ne pas marchander son libre choix. «N’abandonnez jamais votre souveraineté, elle n’est pas négociable», a-t-il dit.

Une épreuve de résistance en laquelle il place de sérieux espoirs, notamment sur celle exprimée depuis plus de 40 semaines par la diaspora qui tient «avec fierté, admiration et courage le flambeau de la résistance», s’est-il réjouit. Il a du reste réaffirmé sa détermination à œuvrer aux côtés du peuple. «Plus que jamais déterminé à parachever l’œuvre accomplie depuis plusieurs mois, je vous demande de croire en notre victoire finale qui n’est plus très loin», a conclu Jean Ping.

Auteur : Alain Mouanda