Le candidat consensuel de l’opposition à la présidentielle d’août 2016, qui continue de réclamer la reconnaissance de sa victoire au terme de cette élection, a lancé un nouvel ultimatum à Ali Bongo «avant qu’il ne soit trop tard», avant de se dire prêt à le remplacer au pied levé à la tête de l’Etat.

Jean Ping, le 15 avril 2017 à Libreville. © Gabonreview

 

Jean Ping et ses soutiens, le 15 avril 2017 à Libreville. © Gabonreview

Si ses soutiens, à l’instar de Jean-François Ntoutoume Emane, principal organisateur, l’avaient vendu comme «un méga meeting» censé découler sur la prise du pouvoir, la sortie de Jean Ping, samedi 15 avril à Libreville, n’a pas forcément répondu aux attentes de la Coalition pour la nouvelle République (CNR). Le candidat de l’opposition à la présidentielle d’août 2016 n’a pas drainé grand-monde sur l’esplanade du collège N’Tchorere. Au lieu des 100 000 personnes attendues, les organisateurs ont finalement revendiqué la mobilisation de 20 000 personnes «selon le drone». Ce qui n’a pas empêché l’opposant de lancer un nouvel ultimatum à Ali Bongo, dont il continue de contester la réélection.

«Les Gabonais ne vous ont pas accordé la majorité de leurs suffrages, vous le savez très bien, la communauté internationale le sait également. Je vous invite par conséquent, à la passation des charges sans délai pour mettre fin aux souffrances du peuple gabonais. Par respect pour ce pays qui vous a tout donné, je vous invite à le faire maintenant, avant qu’il ne soit trop tard», s’est-il adressé «solennellement» au président de la République, qu’il a «fermement» appelé «à se conformer à la vérité des urnes».

Le ”méga meeting”, n’en a pas vraiment été un. © Gabonreview

Aussi, s’est-il dit «prêt à gouverner immédiatement». D’autant qu’il assure disposer d’un programme de gouvernement commun ayant été validé pendant le Dialogue national pour l’alternance (DNPA) organisé en décembre 2016 avec ses soutiens. Et parmi les mesures phares de ces assises à mettre en œuvre, Jean Ping a annoncé : la révision de la Constitution, avec, entre autres points, la réinstauration de l’élection présidentielle à deux tours, la limitation du nombre et de la durée des mandats électifs, y compris présidentiels et l’obligation pour les dirigeants et les détenteurs de l’autorité de l’Etat de rendre compte de leur gestion; l’organisation des législatives et la libération sans condition de tous les prisonniers politiques.

Pour Jean Ping, «il est vain qu’Ali Bongo s’accroche à son coup d’Etat militaro électoral». D’autant que la fin de son règne est imminente. Disant ne pas souhaiter entrer dans les détails, l’opposant a cité, comme faisant partie des «signes qui annoncent la fin» : l’enquête de la Cour pénale internationale (CPI), supposée conclure «assurément à l’arrestation des meurtriers du peuple gabonais», et les sanctions ciblées de la communauté internationale qui devraient bientôt «frapper les auteurs et complices du coup d’Etat militaro-électoral».