Le président de la Coalition pour la nouvelle République (CNR), lors de son discours, le 9 décembre au QG de Jean Eyeghe Ndong à Libreville, a subrepticement appelé les Gabonais à manifester dans les rues pour son accession au pouvoir.

Jean Ping, le 9 décembre 2017 à Libreville. © D.R.

 

Jean Ping n’en démord pas. Le président de la CNR, entend toujours revendiquer sa victoire supposée à la présidentielle d’août 2016. Mieux, il compte toujours sur les Gabonais pour «défendre» leur vote et lui permettre d’accéder au pouvoir. Ses proches, à l’instar de Jean Eyeghe Ndong, ne seraient pas mécontents de le voir occuper le fauteuil d’Ali Bongo en 2018. C’est, en filigrane, le message adressé par le sénateur du 2e arrondissement de la commune de Libreville, samedi 9 décembre, à sa permanence politique de Nkembo.

Mais pour ce faire, il faut «manifester», et de préférence dans la rue. L’ancien président de la commission de l’Union africaine (UA) a d’ailleurs estimé que grâce aux manifestations initiées dans les rues de France, d’Europe et d’Amérique, depuis plus d’un an, la diaspora fait «honneur» au Gabon. «Il (aurait été) bon que pour les mêmes raisons quelque chose se passe aussi ici. Si vous ne faites rien, vous n’aurez rien. Si vous manifestez, si vous bougez, il n’y a aucune raison que le voleur d’élection reste là. Ce serait bien que ça se passe aussi ici. (…) Pourquoi sommes-nous incapables de le faire ici ? Qu’est-ce qui nous empêche ?»

Même les intellectuels «laissés pour compte» par le régime d’Ali Bongo, Jean Ping souhaiterait les voir manifester également. «Je penses que ces cadres devraient manifester. Ils ne peuvent pas se contenter d’attendre, ils devraient sortir de l’ombre pour manifester», a-t-il suggéré, non sans se désoler de ce que «les Gabonais ne veulent pas défendre comme il faut leur pays». Togo, Gambie, Zimbabwe, le président de la CNR n’a pas manqué d’exemples sur les manifestations populaires initiées ces derniers mois sur le continent contre les régimes de différents pays. Pas sûr que ces exemples parviennent à décider ses sympathisants.