Réclamant toujours sa victoire à la dernière élection présidentielle, Jean Ping a prononcé un discours le 18 août à Libreville. Largement relayé sur les réseaux sociaux et télévisions privées, il y exhorte les populations à «se lever comme un seul homme pour marquer solennellement [son] arrivée au pouvoir».

Jean Ping, lors de son discours du 18 août 2017. © Capture d’écran/Gabonreview

 

24 heures après la célébration du 57e anniversaire de l’accession du Gabon à l’indépendance, Jean Ping a s’est fendu d’un «discours à la Nation», le 18 août à Libreville. Une sortie au cours de laquelle le candidat à la dernière élection présidentielle a exhorté les populations «se lever comme un seul homme, pour marquer solennellement, mon arrivée au pouvoir».

Jean Ping a ainsi enjoint les populations à organiser sans limite, à compter de ce jour et jusqu’au départ de ceux qu’il nomme putschistes, toute manifestation civique conforme aux droits à la libre expression, à la liberté de manifester, et aux droits fondamentaux prescrits par la Constitution. «J’attends de vous, que vous soyez les pèlerins de la protestation populaire et de sa légitime colère», a-t-il déclaré.   «Dans cette forte mobilisation de restauration de la souveraineté, nous devons veiller à préserver les personnes et les biens ; et notre patrimoine commun», a-t-il ajouté.

Un appel exprimant quelque peu le ras-le-bol de Jean Ping face au non aboutissement des actions légales entreprises jusqu’ici, pour le départ du pouvoir d’Ali Bongo. «Nous avons tout tenté pour que ceux qui ont choisi de régner par le sang des Gabonais retrouvent la raison et la sagesse. Mais, vous le constatez vous-mêmes, rien n’y a fait. Ils ne sont obnubilés que par une volonté aveugle de s’accrocher par tous les moyens au pouvoir, un pouvoir que les Gabonaises et les Gabonais leur ont clairement refusé, le 27 août 2016», a regretté Jean Ping.

A cette occasion, l’ancien président de la Commission de l’Union africaine (UA) a eu une pensée pour les victimes de la crise postélectorale de 2016. «Pour avoir voulu défendre leur droit de choisir librement leur président, des jeunes, des femmes et des hommes ont été lâchement massacres», a-t-il déploré. «Nous ne pouvons l’oublier. Nous ne devons l’oublier. C’est pourquoi nous ne lâcherons jamais, nous ne capitulerons pas. C’est le lieu de saluer également la résistance des jeunes, des femmes, des hommes, de nos provinces et de la diaspora», a souligné Jean Ping.

Reconnaissant une nouvelle fois l’échec de la médiation internationale entamée après la «crise née du coup d’Etat militaro-électoral», Jean Ping a mùartelé : «l’heure a sonné». Dans ce sens, il a exhorté les leaders, les adhérents et sympathisants de toutes les forces vives de la coalition, «à mutualiser leurs efforts et leurs actions en vue de porter et d’encadrer de manière responsable la voix du peuple dans nos villes et nos villages».

Conscient de l’interprétation à laquelle peut être sujette son discours, Jean Ping assume pleinement sa sortie : «J’ai pleinement conscience de la portée des mots que je vous adresse ce jour si important pour notre Nation. Je vous ai promis le meilleur pour vous et pour vos enfants. Je l’ai promis aux familles de tous ceux qui sont tombés pour la liberté du Gabon. Je dois honorer mon engagement», a-t-il conclu.