Peu après la fin du siège de son quartier général des Charbonnages à Libreville, le candidat consensuel de l’opposition a réaffirmé qu’il était le véritable président élu.

Ping

 

Deux jours après l’annonce officielle des résultats du scrutin présidentiel du 27 août dernier, ayant donné Ali Bongo vainqueur à plus de 49% des suffrages, Jean Ping a renouvelé son refus d’accepter sa défaite. A la faveur d’un point de presse donné le 2 septembre 2016 à Libreville, peu après la fin du siège de son quartier général des Charbonnages, le candidat consensuel de l’opposition a accusé «les forces obscures» d’avoir une nouvelle fois nié le choix du peuple gabonais, en lui volant sa victoire. «Le monde entier connait aujourd’hui qui est le président de la République gabonaise. C’est moi, Jean Ping !», a déclaré l’ancien président de la commission de l’Union africaine. Il a promis de ne pas se laisser faire au nom des milliers de Gabonais ayant voté pour lui. «Il est plus que jamais nécessaire que le choix du citoyen gabonais soit respecté. Croyez-moi, il le sera cette fois-ci», a-t-il prévenu, non sans appeler chacun à la responsabilité en vue de sortir du «chaos» dans lequel le pays serait rentré depuis ces derniers jours avec les émeutes enregistrés dans plusieurs villes.

S’il a déploré la mort et les blessures infligées aux manifestants depuis le 31 août dernier, Jean Ping a également dit comprendre la «légitime colère» des Gabonais, dont la seule raison de leur présence dans la rue était de refuser une «imposture renouvelée». Appelant à l’organisation d’obsèques nationales pour les victimes, il a indiqué que tout sera mis en œuvre pour que sa victoire soit reconnue. Aussi, a-t-il invité la communauté internationale à l’aider pour atteindre cet objectif. Il se dit serein quant à l’issue du recomptage des voix bureau par bureau réclamé par l’ont  l’Union européenne, la France et les Etats-Unis dès le début des troubles à Libreville et dans l’intérieur du pays. Si les autorités gabonaises, par la voix du porte-parole du gouvernement, Alain-Claude Billie-By-Nze, ont refusé cette éventualité, Jean Ping croit savoir que tout a été mis en œuvre pour permettre au candidat du PDG d’être réélu. Dans le viseur de l’ancien président de la commission de l’UA : Pacôme Moubelet Boubeya, dont les propos tenus il y a quelques mois, relatifs à son rôle dans l’organisation des élections étaient sans équivoque. Il a tenu à rappeler que le ministre de l’Intérieur avait déclaré que tant qu’il sera à son poste Ali Bongo ne perdra jamais d’élection au Gabon.

Pour ce qui est des personnes interpelées par les forces de l’ordre depuis le début des troubles, Jean Ping a dit avoir obtenu un accord avec «un diplomate» dans la journée du 2 septembre, qui devrait aboutir à la leur libération. Pour l’heure, il se dit déterminé à prendre ce qu’il juge lui revenir de droit. Le pouvoir !