Tout au long du périple qui l’a conduit à travers le Woleu-Ntem (G9), l’ancien président de la 59è Assemblée générale des Nations Unies était en quête de popularité pour une candidature à la candidature unique de l’opposition en 2016. Et d’annonçer que s’il est désigné candidat de l’opposition et venait à être élu président de la République, il ne fera qu’un mandat au cours duquel il s’attellera à redresser le pays dont il reconnaît avoir constitué une partie du problème quand il était aux affaires.

© Gabonreview

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A la tête d’une imposante délégation composée de cadres du Front de l’opposition pour l’alternance, de l’Union nationale (UN) notamment les Souverainistes, de la CCDG, du 7MP, de l’ULP… Jean Ping, vient de sillonner tous les départements, villes, cantons, regroupements de villages, villages et recoins de la province du Woleu-Ntem. Et ce, après le Haut-Ogooué, l’Ogooué-Maritime, le Moyen-Ogooué, la Ngounié, l’Ogooué-Ivindo et avant l’Estuaire, la Nyanga et l’Ogooué-Lolo.

La communication durant le périple de Jean Ping dans le Woleu-Ntem. © Gabonreview

La communication durant le périple de Jean Ping dans le Woleu-Ntem. © Gabonreview

Cette randonnée politique de 10 jours (du 18 au 28 août) dans le septentrion avait pour but, à en croire celui qui fut président de l’Organisation des pays exportateurs du pétrole (OPEP) en 1993, de se présenter à la population. Jean Ping a expliqué que l’un des articles du pacte fondateur du Front de l’opposition pour l’alternance recommande que celui qui souhaite être candidat à la candidature unique de l’opposition pour l’élection présidentielle de 2016, se doit d’être populaire. C’est donc de la popularité que Jean Ping recherche dans l’hinterland.

Le comité d’organisation de sa tournée dans le septentrion, présidé par le néo-opposant René Ndemezo’o Obiang, n’a pas fait dans la dentelle. Il a mis les petits plats dans les grands pour la réussite du périple politique de celui qui est présenté depuis un certain temps comme son candidat à la présidentielle de 2016, après la mort d’André Mba Obame. Convaincu du désir du changement émis par les populations, ce «nouveau libérateur» a donc décidé de sillonner l’hinterland du nord Gabon pour porter un message dit d’espoir aux Woleu-ntemois.

Tout le long de son parcours, Jean Ping a été émerveillé par l’accueil chaleureux, philanthropique et légendaire d’une foule nombreuse, parfois même dans les hameaux non programmés par le comité d’organisation ; la délégation ayant du mal à traverser ces hameaux sans y marquer un arrêt surtout lorsque les habitants, alignés le long des routes, attendaient pour voir et saluer le nouvel opposant.

A chaque étape, Jean Ping se présentait comme fils de Charles Ping, un chinois arrivé au Gabon à l’âge de 19 ans et qui n’est plus jamais retourné en Chine. Il est enterré à Omboué (Ogooué-Maritime) «dans mon village natal», précisait-t-il. Sa mère, Germaine Anina, qui était du peuple d’Etimbwé-Nkombéque que l’on appelle aujourd’hui Nkomi du groupe Ngwèmiènè, a eu 4 enfants. L’aîné était Me Pierre Louis Agondjo Okawé, décédé en 2005.

«Pour avoir travaillé pendant longtemps aux côtés du président Omar Bongo Ondimba, je porte une part de responsabilité dans la gestion du pays», a reconnu Jean Ping pour qui, vouloir s’en soustraire aujourd’hui serait un manque flagrant d’honnêteté intellectuelle et une absence totale de courage politique. «Je regrette sincèrement que nous ne soyons pas allés aussi loin que nous l’aurions souhaité. Je m’en repenti devant vous ici et maintenant», répétait-il aux Woleu-ntemois qui le recevaient. Ajoutant que s’il constitue une part du problème, il est également une part de la solution et, par conséquent, il a le devoir d’assumer le redressement du pays. Ce, par le sacrifice qu’il s’est engagé à faire pour les futures générations.

Après avoir constaté un manque criard d’infrastructures de développement dans le Septentrion, Jean Ping a annoncé officiellement qu’il est candidat à la candidature unique de l’opposition pour les prochaines échéances présidentielles et qu’il ira jusqu’au bout. «Si je suis désigné candidat de l’opposition et élu président de la République en 2016, je ne ferai qu’un mandat», a-t-il déclaré. Un septennat qu’il envisage consacrer à la mise à terme des 50 ans de mauvaise gestion du PDG afin d’offrir une autre perspective au peuple gabonais. Pour ce faire, il projette de promouvoir une République véritablement démocratique, mettre l’Homme au centre de tout, valoriser la culture et la recherche, promouvoir l’égalité homme-femme, faire de l’éducation et de la santé une priorité, dynamiser la vie économique, valoriser les voies de communication (routes, médias…), revaloriser l’Etat, faire du Gabon un Etat à l’abri du besoin…

Inspiré de ce qu’il séjournait dans le Woleu-Ntem, Jean Ping a projeté que dès son installation à la présidence de la République, il accordera un traitement spécial aux villes frontalières, notamment Bitam qui ne devra plus être la risée de la Guinée-Equatoriale. Aussi, cette province devrait-elle redevenir une région agricole pour nourrir le Gabon et ses voisins.

A chaque étape, Jean Ping accordait des audiences aux notables, cadres, jeunes et congrégations religieuses. Il a déposé des gerbes de fleurs sur les mausolées de quelques illustres fils du Woleu-Ntem et du Gabon : Pierre Claver Nzeng, Simon Oyono Aba’a, le Général d’Armée David Ngomo Mvé et André Mba Obame. Il s’est également entretenu avec la famille de feu Mboulou Beka dont le corps se trouve toujours dans une morgue de Libreville depuis 8 mois et avec celle des 5 membres trouvés morts dans leur maison il y a quelques semaines. À Oyem, Jean Ping a été reçu par l’association Amo-istes (les partisans d’AMO) pour la nouvelle espérance.