Au cours de l’étape parisienne de sa tournée internationale, Jean Ping a réitéré sa victoire à la dernière présidentielle. Dans un entretien au journal français Le Monde, le 13 juillet, il s’est même dit confiant quant au départ du pouvoir d’Ali Bongo, comptant notamment sur la détermination du peuple gabonais.

Déclaré vainqueur au scrutin présidentiel d’août 2016, Ali Bongo (photo) quittera le pouvoir selon Jean Ping. © s1.lprs1.fr

 

Dans le cadre de sa tournée internationale, l’ancien candidat à la présidentielle d’août 2016 s’en donne à cœur ouvert dans les médias. Revendiquant toujours sa victoire «volée» par Ali Bongo à la dernière élection présidentielle, Jean Ping ne démord pas. «Beaucoup de dirigeants tripatouillent les élections en Afrique, mais Ali Bongo a été pris la main dans le sac. Tout le monde sait qu’il a triché. Les Nations unies, l’Union européenne, l’Union africaine doivent faire éclater la vérité et trouver une solution à ce problème», a-t-il déclaré dans un entretien publié par lemonde.fr, le 13 juillet.

Une fois de plus, l’ancien ministre des Affaires étrangères a réitéré son appel à la communauté internationale pour contraindre Ali Bongo à quitter le pouvoir. «On s’appuie entièrement sur les recommandations de la communauté internationale et on souhaite que ce régime soit puni, sanctionné et asphyxié. On les informe de la situation et on les met en garde, y compris sur des questions ayant trait au djihadisme», a averti Jean Ping.

Dans le cadre de sa tournée internationale entamée le 11 juillet à Paris, Jean Ping aurait-il eu des garanties quelconques quant au départ du pouvoir d’Ali Bongo ? Tout semble indiquer que oui, si l’on se réfère à ses affirmations. «Ali Bongo va partir. Je vous le dis. Comment ? Je le sais mais je ne vous le dirai pas. Ali Bongo a un problème avec le peuple gabonais parce qu’il a tué, il a triché, il pille le Gabon et se comporte comme un monarque voyou. Le peuple le fera partir», a-t-il assuré.

Conscient et confiant pour son destin, l’ancien candidat ne peut s’empêcher de s’exclamer à chaque passage devant la présidence de la République à Libreville : «C’est moi qui aurais dû être là, c’est moi qui devrais être là et c’est moi qui serai là». Une fois au pouvoir, Jean Ping entend porter la démocratie à un niveau insoupçonné au Gabon, à l’instar du Sénégal dont il entend s’inspirer.

«Nous voulons constituer quelque chose qui pourrait ressembler au Sénégal, changer modestement la gouvernance du Gabon. Et je pense que la France devrait être fière que ce modèle nous inspire. Si ça se passe en Angola, c’est bien, mais ce n’est pas une colonie française», a-t-il déclaré. Bien qu’ayant été une des pièces maitresses de l’actuel système politique au Gabon, Jean Ping s’accorde le bénéfice du doute quant à sa capacité à changer la donne, une fois au pouvoir.

«Le Gabon est le prototype de la Françafrique la plus détestable (…) Je ne renie pas que j’ai participé avec le président Omar Bongo à la Françafrique. Au contraire. On a été une partie du problème, donc on est une partie de la solution. N’oubliez pas que Macron a été avec Hollande», a-t-il affirmé. Selon Jean Ping, en effet, «Hollande n’a rien fait pour la démocratie en Afrique et le premier ministre Manuel Valls était complice des dictateurs». Tout le contraire de l’actuel chef de l’Etat français, si l’on se réfère à son discours.

«J’ai examiné Macron sous l’angle de ses déclarations qui vont dans le sens que nous souhaitons. Il va même très loin à parler de la monnaie, à permettre aux anciennes colonies de sortir de la zone franc CFA. Macron fait déjà un peu pour le Gabon. Je pense qu’il fera plus encore. Sa politique de moralisation de la vie publique, de réforme des institutions… C’est conforme à notre vision», a affirmé Jean Ping. Ce dernier s’est par ailleurs dit satisfait de ses entretiens à l’Elysée et à Matignon, le 12 juillet.