Condamnant les propos tenus par Jean Ping, le 18 août, le Premier ministre a accusé l’opposant de faire régresser la démocratie au Gabon. Sur sa page Facebook, Emmanuel Issoze Ngondet a récemment soupçonné le rival d’Ali Bongo de cacher des «desseins insurrectionnels».

Le Premier ministre Emmanuel Issoze Ngondet. © Facebook/ Emmanuel Issoze Ngondet

 

Le discours de Jean Ping, prononcé, le 18 août, continue de faire des vagues, y compris au sein de l’opposition. Mais c’est sans conteste dans la majorité que le discours de l’ancien candidat consensuel de l’opposition à la présidentielle d’août 2016 a suscité le plus de réactions contradictoires, chacun y allant de son analyse. Au gouvernement, par exemple, on n’a pas souhaité se contenter d’une seule réaction. L’intervention télévisée du ministre de l’Intérieur, plusieurs heures après la diffusion sur les réseaux sociaux du discours de Jean Ping dans lequel il appelait implicitement à manifester dans les rues pour lui permettre de prendre le pouvoir, n’a visiblement pas suffit. Le jour d’après, le 19 août, le Premier ministre en a rajouté une couche. Sur sa page Facebook, le Premier ministre a accusé Jean Ping de faire régresser la démocratie au Gabon.

Pour Emmanuel Issoze Ngondet, le type de discours tenu par le président de la Coalition pour la nouvelle République (CNR) est de ceux qu’il a toujours «fermement» condamnés, parce qu’ils «affaiblissent notre démocratie». «Monsieur Ping ne pourra continuer ni à diviser ni à distraire les Gabonais», a prévenu le chef du gouvernement, rappelant qu’ «il y a eu le temps des élections, puis il y a eu le temps du dialogue politique», auquel l’opposant et ses soutiens n’ont pas souhaité prendre part.

Or, au gouvernement comme au sein de la majorité, l’on sonne «le temps de l’action, de l’effort collectif, de la performance et de la solidarité nationale». Et Emmanuel Issoze Ngondet, qui semblait déjà certain d’être reconduit à son poste de Premier ministre, de mettre en garde Jean Ping et ceux qui envisageraient de répondre à son appel : «Toute tentative de porter atteinte aux valeurs d’unité et de paix dans notre pays ne saura être tolérée

Pour le chef du gouvernement, «les propos graves et volontairement provocateurs [tenu par Jean Ping] trahissent une fois de plus ses desseins insurrectionnels».