Au cours des deux derniers trimestres, passés entre voyages de détection, signature d’accords et création de journées nationales, le génie créatif du Pr Léon Nzouba n’a pas tarit. Car au terme de son récent périple septentrional le patron de la santé gabonais n’a pas manqué de partager le fruit de sa dernière illumination avec ses collaborateurs.

Le Pr Léon Nzouba. © youtube.com

Le Pr Léon Nzouba. © youtube.com

En dépit de toutes les journées mondiales ou internationales célébrées à travers le monde et qui, souvent, passent sous silence au Gabon, les dirigeants du pays ne faiblissent pas dans leur élan de nationalisation ou de customisation afin de s’offrir des plates-formes de réflexion de tous genres (forum, campagne de sensibilisation, atelier, symposium, etc.).

Dans cette propension à inventer l’eau chaude ou le fil à couper le beurre, le ministre de la Santé, le Professeur Léon Nzouba, ne fait pas piètre figure. Après avoir tenté de ressusciter la journée citoyenne au sein de son administration en la rebaptisant «journée Gabon hôpital propre», qui peine d’ailleurs à être respectée et appliquée, il vient de décider du lancement de la «journée nationale des trois maladies». Une commémoration qui concernera le paludisme, la tuberculose et le VIH Sida.

La géniale idée a émergé et été annoncée durant une mission d’inspection des structures hospitalières du Woleu-Ntem. Cette journée dont la date reste à déterminer et à communiquer, vise, selon le ministre de la Santé, la sensibilisation et la prise en compte de ces trois maladies, à travers leur traitement. Ce sera «l’occasion de mobiliser des aides en faveur de la lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme afin de soutenir les services de prévention et de traitement les plus efficaces».

Une journée nationale est un jour de l’année dédié, au niveau d’une nation, à un thème, une cause ou un problème d’intérêt international et a pour but d’attirer l’attention à son sujet. Pour mémoire, la journée mondiale contre le paludisme a lieu le 25 avril. Le 24 mars est mondialement consacré à la tuberculose tandis que le 1er décembre est consacré au Sida. Au Gabon, ces différentes journées ne donnent lieu qu’à des discours, bien souvent pertinents mais inféconds quand à l’action sur le terrain. La «journée nationale des trois maladies» dont on peut déjà douter de la singularité par rapport l’observance gabonaise des autres journées, est déjà frappée d’une suspicion : n’être qu’un mobile pour la création d’une nouvelle ligne budgétaire  sans retombées palpables. Car, quelles aides compte mobiliser Léon Nzouba avec ces journées et auprès de qui ? L’OMS, l’Unicef, la Banque mondiale, le PNUD et autres partenaires étant déjà engagés dans des programmes avec le Gabon.

L’efficacité dans la lutte contre un mal ou l’amélioration d’une situation ne dépend pas de la dénomination attribuée aux évènements mis en place pour en venir à bout, mais des actions, des stratégies et de la détermination à réussir dans l’épreuve. De ce fait, il importe de se questionner sur les réelles ambitions de cette nouvelle «initiative made by Léon Nzouba» et la différence qu’elle pourra apporter par rapport aux journées internationales, quand on sait que les objectifs sont les mêmes : informer, favoriser les méthodes de prévention existantes à travers des activités communautaires afin de faire reculer ces maladies.