Le Gabon a enregistré, le dimanche 28 octobre 2018, l’une des plus grandes attaques informatiques jamais notées dans le pays, revendiquée par les hackers d’Anonymous. Alors que le site officiel du gouvernement reste inaccessible, l’Aninf assure que la situation est sous contrôle.

Hacker masqué du groupe Anonymous, piratant le site Web de la présidence française de l’Elysée en janvier 2012. © D.R.

 

Du samedi 27 au dimanche 28 octobre 2018, des sites Internet de certains départements ministériels et institutions de la République gabonaise étaient hors-service ; nombreux le sont encore. Le mouvement Anonymous n’a pas manqué de revendiquer l’évènement : «Attaque surprise et massive contre le gouvernement du Gabon aujourd’hui. Plus de 70 sites gouvernementaux (attaqués). Tous leurs serveurs et leurs systèmes mails sont hors-ligne. Les dictateurs auraient dû s’attendre à nous !», lit-on sur un compte Twitter attribué ce groupe.

Tweet revendiquant l’attaque. © D.R.

Mondialement connus, ces «hacktivites» qui prétendent garantir, grâce à la force que leur confère leur nombre, la liberté d’expression sur internet et dans le monde, ont donc revendiqué «plus de 70» attaques informatiques contre les sites institutionnels gabonais, indiquant s’en prendre aux «dictatures». «Nous sommes les Anonymous. Nous ne pardonnons pas. Nous n’oublions pas. +Fuck+ les dictatures!», a-t-il été écrit.

Dans la soirée, l’Agence nationale des infrastructures numériques et des fréquences (Aninf) est montée au créneau pour banaliser les faits : «A ce jour, l’accès à l’Internet est à nouveau disponible et les services gouvernementaux, sont accessibles uniquement sur le plan national, pour les opérateurs connectés au point d’échange internet (GAB-IX), ». L’aninf indique  qu’elle réserve le droit d’entreprendre des actions en justice à l’encontre des indélicats, conformément à la législation locale et internationale.

Selon l’Aninf, la cyberattaque intervenue sur le Réseau de l’administration gabonaise (Rag) serait de type déni de services (DDOS). Ce qui fait dire à la structure étatique que «ce type d’attaques a pour seul but de saturer le réseau informatique par l’envoi massif de requêtes».

Les Anonymous sont une communauté d’internautes agissant de manière anonyme dans un but particulier, le plus souvent pour revendiquer la liberté d’expression. En 2013, le collectif avait déjà frappé les sites des institutions gabonaises.