Près d’un mois après l’avoir prise, sans en informer les concernés, le ministère de l’Intérieur a levé la mesure d’interdiction provisoire de sortie du territoire gabonais  visant Jean Ping et les membres de la Coalition pour la nouvelle République (CNR).

Lambert-Noël Matha a levé l’interdiction de sortie du Gabon des membres de la CNR. © Min. Intérieur

 

Plusieurs personnalités de l’opposition, pour la plupart membres de la Coalition pour la nouvelle République (CNR) ou continuant de contester la réélection d’Ali Bongo, à l’instar de Casimir Oye Mba, Albert Ondo Ossa et Raymond Ndong Sima, se sont vus refuser de sortir du Gabon récemment. Raison avancée par certains à l’aéroport international Léon Mba de Libreville : leurs noms étaient inscrits dans une «liste noire» établie par les autorités gabonaises. Beaucoup avaient très tôt soupçonné le ministère de l’Intérieur. Ils n’avaient pas tort.

Dans un communiqué, le 8 septembre, alors qu’il n’avait pas daigné la signifier au préalable aux concernés, le ministère de l’Intérieur a annoncé la levée de la mesure d’interdiction de sortie du territoire de Jean Ping, des responsables des partis politiques et associations appartenant à la CNR.

Selon le ministère, cette mesure provisoire de police administrative avait pour mobile l’adresse de Jean Ping, le 18 août dernier, aux Gabonais. Le «candidat malheureux à la dernière élection présidentielle (avait) appelé ses partisans à l’insurrection et à la rébellion», précise le communiqué du ministère de l’Intérieur. Or, près d’un mois après cette mesure, le premier policier du pays estime que l’ordre public et la sécurité intérieure ne sont plus menacés. L’ancien président de la Commission de l’Union africaine et ses alliés ont recouvré leurs libertés de circulation et de mouvement.

Si au sein de l’opposition certains ont encore du mal à encaisser, criant de plus belle aux «mesures dictatoriales», parmi les soutiens internationaux de Jean Ping, on parle déjà d’une victoire. Pour l’eurodéputé Jo Leinen, il s’agit d’«un premier succès (des) efforts et pressions» exercés au niveau international contre le régime en place au Gabon. A en croire l’avocat et homme politique allemand, «d’autres (victoires) doivent suivre».