Bien que peu actifs dans la sécurité des quartiers sous intégrés de la capitale, les groupes d’autodéfense sont dans le viseur du ministère de l’Intérieur qui les juge «illégaux». Lambert-Noël Matha les menace de «poursuites pénales».

Le ministre de l’Intérieur juge illégales les actions de la «Police Bangando». (Illustration). © Ivoirematin.com

 

Lambert-Noël Matha n’a pas beaucoup apprécié que Gabon 1ère ait ouvert son journal télévisé de 20H, le 26 septembre, à Serge Nzatsi, représentant de l’un des groupes d’autodéfense s’étant formés ces derniers mois dans la capitale. La raison évoquée par le ministre de l’Intérieur, au nom duquel le conseiller en communication a réagi le 27 septembre sur la même télévision, est que les activités de son groupe appelé «Police Bangando» sont «illégales».

Selon le ministère de l’Intérieur, qui rappelle que la mission de sécurisation des personnes et des biens est dévolue aux seules forces de l’ordre, «l’existence de ce groupuscule n’est ni reconnue ni tolérée par les autorités en charge de la sécurité, encore moins par les forces de police nationale». Et si certains responsables de groupes ont souvent laissé croire qu’ils avaient une sorte de partenariat avec la police nationale, le gouvernement assure qu’il n’en est rien.

«Si dans le cadre de (leur) mission les forces de l’ordre peuvent, de manière occasionnelle, être aidées par toute personne ayant eu connaissance d’un fait contraventionnel, délictuel ou criminel, cette coopération de la population ne saurait être érigée en activité quotidienne et organisée, exercée par des groupuscules créés à cet effet, au risque des dérives que cela pourrait entraîner», précise Lambert-Noël Matha, qui voit les activités de ces groupes d’autodéfense comme une «usurpation de fonction, punie par le code pénal, en son article 165».

Créés ces derniers mois dans les quartiers sous intégrés de la capitale, les groupes d’autodéfense ont pour but de faire face à la flambée des violences que la police régalienne semble avoir du mal à contenir. Dans les Akébés notamment, des jeunes se sont constitués en groupes pour se faire justice eux-mêmes et protéger les riverains des vols et autres agressions.