Fait inédit dans la capitale gabonaise ! Le 16 décembre 2017, Libreville a enregistré sa première agression à caractère «djihadiste» sur des ressortissants occidentaux. Deux Danois, journalistes travaillant pour National Geographic, ont été blessés au couteau par un Nigérien au cri d’Allah ackbar (Dieu est grand).

Harouna Adamou maitrisé par la foule avant l’intervention des policiers au village artisanal de Libreville, le 16 décembre 2017. © Facebook/P. M. Pindi

 

Libreville a été le théâtre d’une scène rocambolesque le samedi 16 décembre à la place du Village artisanal, en plein cœur du centre-ville. Selon plusieurs sources, confirmées par le ministre de la Défense nationale, Etienne Massard, assurant l’intérim du ministre de l’Intérieur, Lambert-Noël Matha, un ressortissant nigérien, «résidant régulièrement au Gabon depuis 19 ans» a agressé deux journalistes danois travaillant pour la chaîne de télévision américaine, National Geographic.

Armé d’un couteau, criant Allah ackbar, Harouna Adamou a foncé sur les deux journalistes qu’il a poignardés. Fait surréaliste pour les spectateurs, d’autant plus qu’il se déroulait dans un cadre réputé calme et accueillant régulièrement des touristes venus du monde entier. L’agresseur  de 53 ans a été rapidement maitrisé par la foule, avant  l’intervention des agents de forces de l’ordre et de sécurité. Une enquête judiciaire a été ouverte par le parquet de Libreville aux fins d’établir, selon le membre du gouvernement, si «les agissements» du mis-en cause relèvent «d’un acte isolé ou concerté».

Harouna Adamou maitrisé par la foule avant l’intervention des policiers au village artisanal de Libreville, le 16 décembre 2017. © D.R.

S’expliquant sur son geste, dans ses premières déclarations, à en croire Etienne Massard s’exprimant sur Gabon Télévision, l’agresseur a dit avoir agi «en représailles aux attaques des Etats-Unis d’Amérique contre les musulmans et qui ont reconnu Jérusalem comme capitale de l’Etat d’Israël».

Les deux journalistes, Ouri Goldman et Helle Olsen, âgés tous de 43 ans ont été blessés. L’un grièvement, demeure en soins intensifs. Ils sont au Gabon pour la réalisation d’un documentaire commandé par cette télévision américaine.

A ce stade, le gouvernement gabonais a rappelé «son engagement résolu contre toute agression de quelle que nature que ce soit, isolée ou concertée et appelle la population à rester prudente et à éviter les amalgames».

Le ministre de la Défense a par ailleurs indiqué que «face à cet acte lâche, abominable et ignoble, le gouvernement tient à rassurer les populations de ce que le Gabon ne saurait être le théâtre d’agissements contraires à notre mode de vivre ensemble et attentatoires à la paix sociale». «Tout sera donc mis en œuvre», a-t-il dit «pour que l’auteur et ses éventuels complices soient sanctionnés avec la dernière rigueur qu’autorise la loi».