Les forces de l’ordre sont actuellement engagées dans une opération de destruction de «nids de bandits» dans Libreville. Du quartier Louis en passant par l’ex-gare routière jusqu’au petit marché du PK 12, des étals de fortune situés le long des voies publiques ont été détruits par la police.

Les commerçants de l’ex-gare routière déguerpis afin de faire place nette à la salubrité et à la sécurité de la population. © D.R.

 

Face à la montée vertigineuse du banditisme à Libreville, le gouvernement a mis le pied à l’étrier. En ligne de mire, les échoppes et étals de fortune aux abords des rues de la capitale, présentés par les pouvoirs publics comme des «nids de bandits». Au PK12, dans la nuit du 30 au 31 octobre, des agents des forces de l’ordre ont mis le feu aux étals de fortune et sur les marchandises qui s’y trouvaient.

Récemment, ce sont des boutiques et étals de fortune du quartier Louis qui ont été détruits, même si quelques-uns d’entre eux sont réapparus, s’étant tout juste déplacés d’une centaine de mètres. Juste après, la force publique a détruit et déguerpi des commerçants installés anarchiquement à l’ancienne gare routière de Libreville. À juste titre d’ailleurs, car cet endroit est présenté comme l’un des plus grands centres névralgiques du banditisme à Libreville.

À l’ex-gare routière comme à Louis, les forces de l’ordre ont usé du feu pour détruire les matériaux hétéroclites utilisés pour construire des échoppes et des étals de fortune, parfois au détriment de la voie et des espaces publics. Une initiative pas du tout du goût des commerçants victimes de l’opération. «C’est triste ce qu’ils ont fait. Ils auraient pu nous avertir. Nous dire qu’ils nous donnent jusqu’à fin novembre ou décembre avant de nous chasser. Venir voir comme ils l’ont fait et tout casser et bruler, cela nous fait trop mal», a déploré une commerçante.

Occupant l’espace public pour écouler leurs marchandises, plusieurs commerçants ont justifié leur emplacement par la saturation des marchés. «Il n’y a pas assez de marchés à Libreville. Les espaces existant, eux, sont complètement saturés», a argumenté un vendeur à la sauvette.

Dans tous les cas, les populations saluent cette initiative. «L’action de la police est la bienvenue», a déclaré une habitante du PK 8, plusieurs fois victimes d’agressions. «Tout était touffu. Les voitures n’avaient plus de place pour se garer. Il y avait de gros embouteillages ici sans compter les nombreuses agressions. On ne peut que se réjouir si on sait ce qui se cache derrière ces marchandises qui encombraient la gare routière», a-t-elle ajouté.

Il y a quelques semaines, le ministre des Infrastructures avait présenté l’incivisme de la population comme l’un des facteurs freinant la finition du chantier de la route PK5 – PK12. À plusieurs reprises, ces squatters du domaine public avaient été mis en garde quant à un éventuel déguerpissement. La force publique est finalement passée à l’acte.