Situé dans le sixième arrondissement de Libreville, le lieu est devenu l’une des zones de prédilection des braqueurs et voleurs à l’arrachée. Des actes de vandalisme dont les automobilistes et leurs occupants sont les principales victimes, au vu et au su de tous.

L’échangeur de Nzeng Ayong est le théâtre de braquages et vols à la tire. © Gabonreview

 

Si l’échangeur de Nzeng-Ayong fait beaucoup parler de lui ces derniers jours par la dégradation de son bas-côté droit, l’infrastructure s’est aussi forgée une autre réputation en matière d’insécurité, avec les braquages et vols à l’arrachée.

Des actes commis par de jeunes délinquants, à peine pubères pour la plupart. Ces derniers opèrent généralement au milieu des embouteillages, de jour comme de nuit. Les automobilistes et leurs occupants sont les principales victimes. En solo ou en groupe, ces voleurs sont très organisés. Se faufilant entre les véhicules, ils arrachent tout ce qu’ils peuvent : téléphones, sac à main, etc.

Ils vont même jusqu’à ouvrir les portières des véhicules non verrouillées, pour commettre leurs méfaits. Un mode opératoire généralement utilisé lorsque les vitres du véhicule sont montées. Si jusqu’ici ces délinquants ont toujours privilégié le vol à l’arrachée, ils semblent avoir élevé le niveau en commettant des braquages en bonne et due forme.

Le 12 février, un groupe de six à huit jeunes a délibérément posé, aux environs de 20 heures, un vieux matelas à ressort sur la chaussée dans le sens Rond-point de la Démocratie-Nzeng Ayong ; au niveau de la station-service Petro Gabon, à une centaine de mètres de l’échangeur.

L’effet recherché était de créer un embouteillage. Ce qui a bien marché : le «gang», qui surveillait visiblement le déroulement de l’opération sur le trottoir, s’est rué sur la chaussée à recherche d’une ou plusieurs victimes. Un véhicule à bord duquel se trouvaient un monsieur et une dame a été pris d’assaut.

Après avoir ouvert la portière côté conducteur, l’un des braqueurs a menacé le chauffeur avec un couteau, pendant que ses acolytes s’emparaient du «butin» sur la banquette arrière. «Ça s’est passé sous mes yeux ! Tout le monde était choqué par la scène à laquelle on venait d’assister», a déploré un témoin du braquage, dans un véhicule derrière celui qui a été pris d’assaut. Après leur acte, les délinquants ont détalé, sans être inquiétés, riant aux éclats et visiblement ravis de leur coup.

Comble de l’ironie, ils se sont enfuis en direction de l’échangeur, où sont positionnés des éléments des forces de l’ordre, avant de s’enfoncer dans le quartier. Cet énième braquage dans un axe pourtant surveillé par la police devrait interpeller les autorités compétentes. Si rien n’est fait, cet échangeur ou transitent des milliers de personnes par jour va devenir un véritable coupe gorge.