Affaissée, réparée et officiellement mise en service au niveau de Fourplace, aux alentours de la délimitation des provinces du Moyen-Ogooué et de l’Estuaire, la Nationale 1 pourrait subir le même sort au même endroit si rien n’est fait dans les meilleurs délais.

La nature pourrait reprendre ses droits en détruisant, de nouveau, la chaussée à Fourplace. © D.R.

 

Le 20 mai dernier, le Premier ministre, s’est rendu sur la route nationale 1 où il a rouvert à la circulation à Fourplace, frontière entre les provinces de l’Estuaire et du Moyen-Ogooué, ce passage endommagé une semaine plus tôt. Moins de deux semaines après, la route réparée intégralement avec des pierres et de la latérite, en attendant la pause du bitume, est en passe de se dégrader de nouveau. Or, des instructions avaient été données aux services compétents afin qu’ils puissent achever les travaux dans de brefs délais.

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Les travaux de réparation n’étant pas allés à leur terme, avec de les fortes précipitations de ces derniers jours, la chaussée présente déjà des faiblesses. Le torrent a emporté des pans entiers de terre ayant permis de remblayer l’ouvrage. Ce qui pourrait entrainer la rupture de l’édifice et donc, à nouveau, du trafic routier sur cet axe.

Lors de la réouverture de cette route réfectionnée sous les auspices de l’Agence nationale des grands travaux et d’Infrastructures (ANGTI), les usagers présents émettaient déjà quelques doutes. Dans cette zone humide, dotée d’un climat tropical des plus rudes, elle n’avait pas été bitumée. Ce qui n’avait pas manqué de susciter de l’étonnement. «Comment est-ce possible que le Premier ministre ouvre, devant les caméras, à la circulation, une route en terre alors qu’elle pourrait encore subir les affres des intempéries et se dégrader de la même manière ?», s’était interrogé un routier gabonais.

Dans ce contexte, certains ironisent sur l’expertise de l’ANGTI qui aurait dû savoir que les fortes précipitations devaient lessiver la terre sur cette voie. «Sans tremblement de terre, sans séisme, sans activité volcanique aux alentours, de quoi s’agit-il ?», feint de s’étonner un internaute qui a du mal à cerner le rôle, mais surtout met en doute le professionnalisme du personnel de cette Agence.

Dans la même veine, l’on dénonce le bâclage de la construction des routes. Pour la plupart des usagers, les normes semblent loin d’être respectées sur ces édifices : couche de goudron de moins de 10 cm d’épaisseur, couche de béton figurative, absence de gravier devant servir de drain, absence de géotextile pour le paillage, etc.