Le Premier ministre a effectué, le 20 mai 2018, une visite des tronçons routiers Kango-Bifoun et Bifoun Ndjolé, de même il s’est enquit du fonctionnement de la première station de pesage, tout récemment mise en service dans le département de l’Abanga-Bigné.

Emmanuel Issoze Ngondet sur les Nationales une et deux, le 20 mai 2018. © Gabonreview

 

Deux semaines après la mise en service de la station de pesage de Ndjolé et une semaine après l’affaissement de la route nationale numéro 1, entre l’Estuaire et le Moyen-Ogooué, le Premier ministre a effectué une visite sur ces sites afin de s’enquérir du fonctionnement de la station et de l’état d’avancement de la réparation de cette voie.

Quelques moments de l’inspection du Premier ministre. © Gabonreview

Mis en service le 7 mai dernier à Ndjolé dans le Moyen-Ogooué par le ministère des Infrastructures, avec pour objectif de protéger le patrimoine routier national, fortement dégradé par endroits, cette station de pesage n’a pas forcément reçu l’assentiment des opérateurs économiques. Pour preuve, le Collectif des commerçants du Marché-Banane du PK 8 s’est insurgé, le 17 mai dernier, par une manifestation, contre ce pont-bascule qui, selon eux, ne répond pas aux normes et impacte les prix et la qualité de leurs marchandises.

Rendu sur le site de la station de pesage, le Premier ministre a mis en cause les véhicules exerçant dans le transport des marchandises, principales cibles des autorités depuis la mise en service de l’outil. «L’expérience de nos routes a montré que les véhicules transportant des marchandises en l’occurrence les grumiers sont en partie responsables de sa dégradation rapide», a-t-il posté sur sa page Facebook, estimant qu’«à l’instar de ce qui se pratique dans les États voisins, et plus loin, il était important, que notre pays aussi dans le souci de l’entretien routier s’équipe d’une station de pesage moderne qui est non seulement dans l’intérêt des transporteurs routiers mais de tous les usagers de la route».

De leur côté, les transporteurs rencontrés sur les lieux ne cernent pas encore le fonctionnement de cet outil. D’où le mécontentement et la dénonciation d’une «grosse arnaque». «On ne sait pas ce qu’il se passe avec cette machine. Je transporte de l’eau depuis Franceville. La route est très mauvaise. J’arrive ici, avec la même quantité, un jour on me dit que c’est bon et un autre jour, on me dit que ce n’est pas bon. Je ne sais quoi faire», a expliqué un transporteur étant sanctionné à payer plus de 150.000 francs d’amende.

Comme lui, un autre transporteur de bananes dont le camion est également bloqué rumine sa colère. «On dit que c’est un pont-bascule, mais moi je dis que c’est faux. C’est un appareil pour peser les essieux de nos voitures. Et après, on nous pompe des factures. Je dois payer plus de 815.000 francs CFA», a fulminé ce conducteur de camionnette, en relevant que ce montant dépasse même le prix du transport. «Où sont les routes pour qu’on vienne nous imposer ces amendes ?», a-t-il demandé, non sans lancer : «si l’Etat a besoin d’argent qu’il trouve d’autres stratégies au lieu d’arnaquer les citoyens». «Je suis là depuis deux jours et la banane commence à pourrir», a-t-il confié.

Pour les agents en service sur cette station, le système de contrôle permet de peser les essieux des véhicules. Ce qui implique que si la charge n’est pas correctement répartie, le conducteur peut se trouver en surcharge. Dès lors, a dit Emmanuel Issoze Ngondet, la loi étant la loi, il faut l’appliquer. Les règles applicables étant celles édictées par la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (Cemac).

Emmanuel Issoze Ngondet s’est également rendu à 14 kilomètres de Ndjolé, sur la route nationale 2 où l’éboulement  pourrait, dans les prochains jours avoir raison de la chaussée. D’où les instructions du chef du gouvernement pour parer au plus pressé, dans les meilleurs délais. Il s’est également rendu à Bifoun, à Fourplace, sur la nationale 1 où la route s’est récemment affaissée. Les travaux de réparation ont été effectués et la route a été rouverte à la circulation. Seul bémol, elle est n’a pas de bitume. Ce qui n’a pas manqué de susciter de l’étonnement chez les usagers. «Comment est-ce possible que le Premier ministre ouvre, devant les caméras, à la circulation, une route en terre alors qu’elle pourrait encore subir les affres des intempéries et se dégrader de la même manière ?», s’est interrogé, non sans ironie, un routier gabonais.

Toujours est-il que des instructions ont été données aux services compétents afin qu’ils puissent achever les travaux dans les brefs délais.