Si son bien-fondé est avéré, la passerelle piétonne de Plein-Ciel, dans le troisième arrondissement de Libreville, suscite des commentaires pas toujours positifs.

Vue de la passerelle piétonne de Plein-Ciel, montée à moitié, le 14 mai 2017. © Gabonreview

 

Installée le 14 mai dernier mais pas encore opérationnelle, la passerelle piétonne de Plein-Ciel, dans le troisième arrondissement de Libreville, suscite des réactions mitigées. Non pas que la passerelle a été mal accueillie. C’est plutôt un certain nombre d’éléments relatifs à sa réalisation qui sont diversement commentés. Dans ce sens, nombre de Librevillois voient d’un mauvais œil la «publicité» autour de ce chantier.

«En Afrique de l’Ouest et plus précisément à Dakar, au Sénégal, il y a des passerelles comme ça dans toute la ville, et ce depuis 2002. Pas besoin de faire la publicité ! Au Gabon pays paranormal il faut attendre de voir les piétons se faire écraser comme du bétail avant de poser une simple passerelle», a posté un internaute sur le groupe de discussion Infos Kinguélé, où la passerelle est au cœur d’un vif débat.

Autre élément de désaccord sur les réseaux sociaux, l’inauguration à venir (en juin prochain) de cette infrastructure… par le chef de l’Etat, en personne. C’est du moins ce qu’ont laissé entendre des sources proches de FHEC, société en charge de la réalisation de la passerelle Plein-Ciel. Si l’information reste à confirmer, elle a été vivement commentée. «Comment comprendre qu’un chef de l’Etat en soit réduit à ça ?», a déploré un riverain de Plein-Ciel.

Par ailleurs, le tapage médiatique autour de cette infrastructure a permis de rappeler au chef de l’Etat, une promesse faite en 2013. «Le gouvernement construira 100 passerelles pour piétons dans tout le pays.  Pour limiter le nombre d’accidents dus à la traversée de la chaussée à des endroits jugés très dangereux», avait déclaré Ali Bongo. Cinq ans plus tard, l’on est visiblement loin du compte.

D’où les railleries de certains détracteurs du pouvoir. «On  nous a promis 100 passerelles. Cinq ans après, une seule a été réalisée et encore, elle est loin d’être achevée», a souligné un membre d’un parti de l’opposition. Par ailleurs, d’autres encore ont déploré l’absence de communication autour du coût de l’ouvrage.  Si le bien-fondé de cet ouvrage est avéré (il permettra désormais aux populations de traverser la voie express en toute quiétude), pourquoi autant de commentaires négatifs ?

Au-delà des arguments avancés par les uns et les autres, beaucoup voient en ces commentaires, la matérialisation de crispations nées de la dernière présidentielle. C’est dire que le mandat en cours promet d’être long…et sinueux.