Le patron de la Direction générale de concurrence et de la consommation (DGCC) s’est récemment prononcé sur les prix des produits alimentaires. Dans une interview accordée à gabonactu.com, Ernest M’fa Obiang, a affirmé que les prix des produits alimentaires en perpétuelle augmentation ces dernières années ont enfin connu une baisse de 0,2% au mois d’octobre.

Si quelques produits alimentaires ont un peu, très peu, baissé, il n'en est rien pour le poisson - © Static/gabonreview.com

Si quelques produits alimentaires ont un peu, très peu, baissé, il n’en est rien pour le poisson – © Static/gabonreview.com

«Cette baisse est liée en grande partie à l’impact de la défiscalisation décidée par l’État», a déclaré Ernest M’fa Obiang, soulignant que cette légère détente concerne la volaille, la viande, les produits laitiers, les fruits et autres produits alimentaires. Selon ce dernier, la tendance actuelle devait être continuelle.

En réponse à la vie chère qui fragilise le pouvoir d’achat des Gabonais, le gouvernement avait pris le 15 août dernier, un arrêté pour plafonner les prix sur les produits alimentaires comme les poissons, les poulets, la viande, riz, fruits et légumes, ainsi que d’autres boissons alcoolisées ou non. Une mesure qui s’est accompagnée de la suspension des droits de douanes et de la TVA, pour la période allant de septembre à décembre 2012, sur neuf groupes de produits.

Il s’agit du poisson (frais et salé), de la viande (bovine et porcine), de la volaille (poule, poulet et dinde), du riz, du lait (poudre et concentré), des conserves de légumes (petits pois et tomates concentrées), des fruits et légumes, des pâtes alimentaires (spaghettis et macaronis) et des conserves de poisson (sardines et maquereaux). Deux décisions fortes puisque le manque à gagner pour l’État est estimé à 11 milliards de francs CFA. Un coût élevé pour aussi peu de résultats au final.

«Depuis que nous avons pris ces mesures, c’est pour la 1re fois que nous enregistrons des résultats positifs même si cela est encore timides», s’est réjouit le directeur général de la DGCC. Cependant, le patron de la DGCC reconnait que cette relative baisse ne touche pas les prix du poisson qui restent stables, soulignant au passage que l’inflation au Gabon au mois d’octobre est de 0,4%.

Par ailleurs, a souligné Ernest M’fa Obiang, «si la mesure relative à la baisse des prix sur les produits alimentaires a tardé à être effective, c’est à cause des anciens stocks qui s’écoulaient lentement». Avec la mise sur le marché des stocks défiscalisés, la surveillance des prix sur le marché doit être rude. Elle impliquera les représentants de l’administration publique, les importateurs et les ONG de défense des consommateurs.

Tous ces acteurs ont récemment signé un protocole relatif à ce contrôle du marché pour éviter de flouer les consommateurs et l’État, relève Gabonactu. «La DGCC s’apprête à mettre à la disposition des consommateurs un numéro vert pour dénoncer tout abus», a conclu le patron de la DGGC. Ces résultats en demi-teintes remettent au goût les questions sur la volonté effective du gouvernement à lutter contre la vie chère.

En effet, si ces mesures sont louables dans le fonds, elles s’étalent sur une période relativement courte, ce qui ne permet pas d’en mesure mesurer l’impact réel, en dépit de la baisse des prix évoquée. A moins que le gouvernement ait un autre tour caché dans son sac.