La confédération syndicale a annoncé, mardi 18 juillet, le dépôt d’une plainte contre X après l’agression supposée de Marcel Libama et Juldas Biviga, détenus depuis plus de deux semaines à Tchibanga.

Au nom de la Dynamique unitaire, Jean Rémy Yama envisage porter plainte contre X. © D.R.

 

Les matons de la prison centrale de Tchibanga s’adonneraient-ils à des actes de torture sur les détenus, et particulièrement sur Marcel Libama et Juldas Biviga ? Si aucune enquête officielle n’a permis de répondre à cette question, au sein de la Dynamique unitaire, la colère monte progressivement et certains affirment que le syndicaliste et le journaliste ont été victimes d’agression peu avant leur procès du 13 juillet dernier. En tout cas, la confédération syndicale entend déposer plainte contre X. L’annonce a été faite, mardi 18 juillet à Libreville, par son président Jean Rémy Yama.

A en croire la Dynamique unitaire, l’agression des deux hommes est survenue au cours d’une perquisition menée quelques heures avant le procès par «une unité spéciale d’intervention de la garde pénitentiaire venue de Libreville sur réquisition du directeur de la prison centrale de Mougoutsi». Les matons, a réaffirmé Jean Rémy Yama, à la suite de Patrick Mombo le leadeur de la Conasysed il y a quelques jours, ont «violenté les prévenus et les prisonniers à coups de matraque sous le fallacieux prétexte qu’ils recherchaient les téléphones et la drogue». A la Dynamique unitaire, l’on soutient que Marcel Libama et Juldas Biviga ont été «copieusement passés à tabac», d’autant que, «en réalité, cette unité d’intervention était venue spécialement pour torturer, voire en finir avec Marcel Libama qui, selon le directeur de la prison, préparait un soulèvement des prisonniers».

S’étant saisi de l’affaire, l’Observatoire national des prisons a également condamné la violation supposée, par les matons, de l’article 5 de la Déclaration universelle des droits de l’homme disposant, entre autres, que «nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants». L’ONG présidée par Marc Ulrich Malekou-Ma-Malekou a annoncé être disposée à se constituer partie civile aux côtés de la famille de Juldas Biviga, si celle-ci dépose plainte contre la prison de Tchibanga pour actes de maltraitance.

Reconnus coupables de diffamation par voie de presse et outrage à magistrat, Marcel Libama et Juldas Biviga ont récemment écopé chacun de 184 jours d’emprisonnement, dont 139 avec sursis et 45 jours fermes. Une condamnation assortie de 300 000 francs CFA d’amende pour chacun. Depuis cinq jours, le journaliste de Radio Massanga serait à l’hôpital de Tchibanga. «Il a été sérieusement atteint à la cheville, aux côtes et éprouve des problèmes d’audition», a rapporté la Dynamique unitaire.